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Secret World

Secret World Of Pleasure95 ou "Les Mots Contre Les Maux..."

Stéphane pleasure95

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Disons plutôt "Standart" physiquement...

Regarder le monde d'une autre façon...

 

Echangeons pour avancer ensemble...

 
Ces quelques impressions... Musicales... ou couchées par écrit... pour mieux me jauger... ne pas me juger trop vite... et me méconnaître...Terriens: cette page est à vous, mettez-y votre empreinte...
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S.V.P faites suivre a tous vos contacts  plus il y a personnes qui sont au courants plus ont peut éliminées les virus  en restants propres dans nos courrier

Bonjour Voilà je me permet de t'envoyer ce communiquer  pour que cesse tout c'est virus que nous envoie des personnes qui ne cherche qu,à nuire au gens .ils est longt mais cela vaut la peine de le lire jusqu'en pour enfin pouvoir éliminée toutes c'est Arnaques
_________________________________________________
Attention Arnaque- Attention Arnaque- Attention Arnaque
Ceci est partout dans le monde de L'INTERNET _______________________________________________
Vous recevez plein de e-mail de vos contacts disant:

Découvre qui te bloque sur MSN !

C'est une ARNAQUE.

Ces sites (car il y en a plusieurs du même genre) sont une arnaque.
Il est impossible de savoir qui nous a bloqué sur MSN.
Et pour couronner le tout, le site envoie en votre nom un e-mail à tout vos contacts pour faire la pub de leur site.

Explication:

Plusieurs sites proposent de vous dire qui vous a bloqué(e) sur MSN.
Pour cela, ils vous demandent :

    * votre identifiant MSN (souvent votre adresse mail personnelle)
    * votre mot de passe
    * Parfois aussi: votre question secrète et sa réponse

ATTENTION ! Ces sites sont trompeurs. Il ne faut JAMAIS donner ses identifiants personnels sur internet. Aucun organisme, même officiel, ne vous les demandera jamais. Quelle légitimité ces sites auraient-ils pour se le permettre ?

Il s'agit donc d'une arnaque ; l'objectif étant de vous subtiliser/voler votre compte, accéder à vos mails, mots de passe, etc.
D'autre part, il est fort probable que ces sites installent à votre insu des logiciels/virus/etc... indésirables. Un dernier effet de votre inscription est sans doute un nombre considérable de spams que vous recevrez par la suite.

Exemples

Il ne faut pas faire confiance à ces sites, sous aucun prétexte :
    *
      www.queblock.com/fr/
    *
      www.checkmessenger2.net/fr/s/check-messenger/
    *
      fr.bloquo.com/main
    *
      www.inspectmessenger.com/
    *
      www.kimebloc.1s.fr/
    *
      www.cocoland.fr/
    *
      www.list-mess.net/fr/
    *
      www.msnapps.net/?/qui-te-bloque/

L'avertissement de MSN


La réponse officielle de MSN face à ces sites parle d'elle-même :

Méfiez-vous de ce genre de site ! N’entrez jamais votre identifiant et votre mot de passe personnel sur un site non authentifié MSN ; ces informations pourraient être récupérées à des fins frauduleuses. Les messages officiels de MSN sont facilement reconnaissables grâce au papillon MSN apparaissant devant l'e-mail dans votre boîte de réception. Notez également que MSN ne vous demandera jamais de répondre à ses messages ou de les transférer à vos contacts.

Cette technique est appelée phishing, ou hameçonnage en français.
Cela ne concerne pas que MSN. D'autres sites frauduleux existent, cherchant à subtiliser vos identifiants bancaires, Paypal, assurances, etc...

Sur internet, comme dans la rue, la prudence est de mise !

Recommandation
Si l'un de vos amis vous a invité(e) à vous inscrire sur l'un de ces sites, dites-lui de changer immédiatement son mot de passe... au risque de ne plus jamais y accéder. Avec un peu de chance, cela réglera le problème.
 
Vous pouvez faire un rétroliens de ce billet sur votre blog pour aviser vos amis.

            Prudence  ,Prudence,Prudence ,
         Bye A+ les Ami(es) Gisèle votre ami(es)
                                 ''PS''
Pensez-y si vous faites suivre ce-e-mail
par courrier a vos ami(es) pensez a supprimer
les adresses qui y figurent avant de cliquer
sur ''ENVOYER''et pensez a utiliser la section
''CCI'' copie conforme invisible afin de respecter
la confidentialité de chacun de vos contacts
June 28
                 BONNE FIN DE SEMAINE STÉPHANE A+ BYE
May 9
Un petit bonjour
du Cantal le soleil a été au rendez-vous je vous souhaite une bonne semaine
Apr. 20
  
Mar. 6
     Un petit bonjour a toi  bonne fin de semaine 
 
Feb. 21

Passe une bonne St-valentin en très bonne compagnie bises xx

Feb. 14
Alysswrote:
Où es tu ???? j'espère avoir rapido de tes nouvelles, sinon je vais me mettre très en colère, et là, tu ne pourras que trembler lol...
bon tu nous manques sur la toile ! c'est pas pareil sans toi !
merci pour le classement dans "auteur probable", une façon de me faire passer un message ? 
le mien est simple : tapotes sur ton clavier !!! n'oublies pas ta "vieille" (ben oui, faut pas pousser...) copine du net ;-)
gros bisous à toi schtroumpf à lunette !
Jan. 5
audrey rêvewrote:

 

Dec. 23
ByeA+
Dec. 16
audrey rêvewrote:
salut stéphane
je passe prendre de tes nouvelles et celle de ton fils !
et te souhaité une bonne semaine
je n'aie plus de news de toi ni sur hi5
amitié audrey
Dec. 15

Je prend quelques minutes pour venir te dire un petit bonjour Ton amie Gisèle A+ xx

 

Dec. 11
Bernhardwrote:
Très bel idée de ce "portrait en musique" caléidoscopien. C'est vrai cela résume en quelques notes des pages entières et illustre farpaitement des émotions sous-jacentes ou ouvertes.
Bravo
 
Nov. 10
Bonne fin de semaines   À+
Nov. 8
<a href="http://fr.tinypic.com" target="_blank"><img src="http://i34.tinypic.com/2ahb1h5.jpg" border="0" alt="Image and video hosting by TinyPic"></a>Bye A+xx
Nov. 6
un petit coucou en passant chez toi , je te souhaite une bonne semaine...................
sandrine
 
 
Oct. 27
Bonne fin de semaine a toi
Oct. 24
bonne journée
 
Oct. 9

Bonjour !Je ne suis pas venue te visité souvent ,Mais là je suis de retour et

Je vient vous souhaités une Bonne fin de semaines

Sept. 26
Goldenhawkwrote:
 
Sept. 19
florawrote:
un petit coucou de mon île de beauté "bienvenue dans nos bulles "! joli blog bonne continuation au plaisir bonne journée amitiés flora
Sept. 11
bravo pour ton blog très bien fait , belles musiques, ej t'ai rajouter ama liste d'amis au plaisir de te croiser dans  ce monde
Sept. 10
SadNess ...wrote:
Je te souhaite un bon week end
Bizzz
Sadness
Aug. 15
lovelesswrote:
<DIV align=center>Quand un oiseau </DIV>
<DIV align=center>chante dans mon coeur </DIV>
<DIV align=center>c'est que tu n'es pas loin</DIV>
<DIV align=center>bonne journée </DIV>
<DIV align=center>plein de bisous </DIV>
<P align=center><IMG src="http://images4.hiboox.com/images/3308/73828f312c7d2965bd0dea05e5f33218.bmp"></P>
Aug. 11
coucou
July 27
amitié à toi bon week end bye bye phil et nath
July 26
December 05

Mesdames: Reconnaissez votre homme... politique...

 

Oserez-vous réagir à ces quelques explications?

Pourquoi les hommes donnent-ils le sentiment aux femmes de ne penser qu’au travers ou avec leur attribut ?

Ma réponse est la suivante :

C’est uniquement pour asseoir leurs envies et objectifs politiques, comme expliqué ci-après.

Vue de dessus :

Le sexe de monsieur vire sur la gauche : il aura donc des idées… de gauche.

S’il tend à virer à droite ou tout simplement tout droit : idées de droite ou centriste.

Jusque là, au demeurant, cela paraît assez simpliste mais les complications proviennent de ce que l’on appelle plus couramment l’altimétrie.

Par cette dernière, j’entends simplement que de profil, si l’engin de monsieur vise le ciel, cela démontre que monsieur est fier de ses idées et qu’il pense devoir les montrer et démontrer haut et fort . S’il vise le sol, il doutera d’elles et n’aura de cesse d’espérer que madame (vous ici même) aura la bonne idée qui lui manque et qu’elle saura le relever d’une bonne parole ou d’un bon geste… Au centre ? votre homme est hésitant entre certitude ou questionnement et quoi qu’il en soit, pour le moment, monsieur avancera de l’avant coûte que coûte avec le comportement inconscient de celui qui sait que ses idées ne sont pas nécessairement les meilleures mais pas non plus les pires. Donc il avance…

Jusque là, ça va mesdames ? Ça passe ?...

Mais, me direz-vous, vous qui êtes observatrices, pourquoi en existe-t-il des petites, moyennes ou grandes ?

La grande se montre. Elle est prête au dialogue, à l’échange…

La petite se cache et ne demande qu’à être découverte, étudiée… Mais timidement…

La moyenne attend juste vos réactions pour se décider à se ranger dans l’une des deux précédentes catégories : bref, c’est à vous de juger de sa grandeur ou petitesse…

 

Pourquoi des fines et des grosses ?

La fine, lorsque monsieur essaiera d’inculquer ses pensées à madame, par quelques va-et-vient, fera en sorte de ne pas laisser trop de trace après son passage, laissant donc à madame le temps d’apprécier ou de réfléchir après coup… C’est bien connu, parfois il vaut mieux laisser madame penser seule…

La grosse quant à elle ne veut qu’une seule chose : que madame reste béate devant tant de bonnes idées, bonnes paroles… et ce, même quelques instants après exposé de monsieur !

Cependant, quelque soit l’ustensile ou outil employé, il n’en reste pas moins qu’il est des façons différentes de s’en servir, de travailler son texte…

Ainsi, monsieur sera adepte de préliminaires, il se cantonnera, de par le cunnilingus (technique dite aussi du « en entrée, un abricot s’il vous plaît ! »), à jouer avec le feu, rendant le terrain ou "salle de conférence", glissante et ce juste avant d’entamer le va-et-vient narratif.

L’absence de cela vous démontrera que monsieur est du genre fonceur, qu’il n’a pas de temps à perdre et qu’il vous déballera tout ce qu’il a sur le cœur comme ça vient !

Si monsieur est adepte, et m’étonnerait fortement qu’il ne le soit pas (sic !), de gâteries de votre part et que vous mettez le costume de la Fée Lation, alors nous pouvons considérer deux cas de figure: le premier consistant uniquement à faire des vocalises afin de ne pas trouver son monologue trop rude, voire irritant, lorsqu’il l’entamera. Le second cas, monsieur se rassure en supposant ses idées supérieures aux vôtres, vous imaginant donc boire ses paroles, son exposé !

Juste ne requière-t-il de votre part qu’un coït des plus banals du genre missionnaire ? Alors il veut simplement vous faire un exposé rapide, concis et pas forcément des plus précis… A vous de voir si après vous aurez des questions particulières à aborder… S’il n’y répond pas vous aurez encore la possibilité de vous remplumer en usant de la fameuse technique dite du canard vibrant (très courue dans bons nombres de salle de bains de métropole à ce qu’il paraît…)

Si le coït s’avère quelque peu plus acrobatique avec passements de jambes et autres techniques dites aussi de la "clef à bras consensuelle" : monsieur cherche ses mots tout simplement mais en aucun cas il ne regrette les terrains de foot de sa jeunesse ou le fait de ne pas travailler dans les forces de l’ordre… (Même si d’un commun accord il vous passe les menottes !)

La levrette ? N’est là que parce que monsieur a peur d’utiliser un vocabulaire qui vous ferait rougir ou rugir : il ne veut pas voir votre visage se déformer mais il veut tout de même que vous sachiez que ses idées sont bien là, sensées et profondes !

Autre chose, s’il tient à transformer son « outil de travail » en cravate dite « espagnole » ou « de notaire »… Sachez que monsieur est furieux et qu’il a donc quelques vérités à vous balancer en face… à la gueule…

Enfin, s’il tient à pratiquer sur vous ce que les Franco-américains ont traduit par « Seau d’eau me », vous allez passer un sale quart d’heure puisqu’il pense vraiment que vous avez des idées de merde par rapport à lui et qu’il compte bien les refouler au plus profond de vous afin que vous ne puissiez pas en parler quelques heures. Là, j’interviens tout de même en vous rappelant que vous ne pouvez accepter ce traitement qu’en dernier recours et qu’il n’est pas saint, afin que le dialogue entre vous reste courtois, dans une franche ambiance de bonne humeur et de bon goût, de repasser à une autre forme d’échange citée précédemment…

En outre, sachez mesdames, qu’il peut parfois arriver que vous tombiez sur un individu qui ne sache exposer ses opinions politiques qu’au sein d’un groupe ou d’une collectivité souvent très locale… Monsieur se sent d’autant plus fort, ses idées d’autant plus légitimes qu’il n’est pas le seul à en débattre avec vous et que l’union fait la force comme dans tout gang… Ou bien, encore, monsieur est un orateur hors paire et il aime les longs échanges entre hommes et femmes et considère donc qu’une "assemblée réussit et une assemblée par douze !".

Cependant, si monsieur vous expose son texte en prononçant le nom d’une femme qui vous est inconnue, alors sachez que monsieur est un acharné du travail et n’a de cesse de répéter son discours à sa secrétaire afin d’en ôter comme il se doit, toute erreur grammaticale et –ou- orthographique. Soyez donc fière de votre homme ! Soyez reconnaissante auprès de la pauvre qui aura donc subit plusieurs lectures fastidieuses et harassantes… c’est aussi la fameuse technique du « travaillez plus - gagnez plus »: la secrétaire le sait et s'y plie…

Enfin, et là se terminera cet exposé : n’oubliez jamais mesdames qu’un homme se doit de se découvrir devant la gente féminine (phase dite du « prépuce dégage ! Que je devienne gland !») mais il vaut tout de même mieux, surtout face à un inconnu qui désire discourir avec vous en boîte malgré la sono, réclamer qu’il se recouvre du petit capuchon qui, quoi qu’on en dise, n’a jamais empêcher un stylo de vous écrire de jolies histoires pour vous emmener loin…

Une dernière chose, ne traitez pas un homme de branleur lorsque ses idées ou théories vous paraissent futiles, voire puériles, car cela reviendrait à lui conseiller de parler tout seul… Ceci étant donc aberration si l’on considère que ce procédé est aussi appelé « veuve poignet qui rend sourd »… Pourquoi monsieur essaierait-il de parler à un sourd ???

 

 

(pleasure95… La politique expliquée par ses Membres et leur utilisation?..... 05 décembre 2008)

October 04

27 septembre 2008: Mon Ange est parti...

 
Depuis quelques temps je ne suis pas passé sur ma page déposer un texte... Ni même passé vous voir...
 
Ma grand-mère était en effet souffrante depuis le 20 juillet et dès lors je ne me suis aucunement senti assez bien pour ecrire... Aucune inspiration valable... aucune envie...
 
Et... le vendredi 26 septembre en fin d'après-midi... sa santé a eut raison de sa force, son corps... tension chutant en dessous de 4... Coeur ne fonctionnant qu'à 40%, Foie à 40%, reins à 20% et les poumons n'oxygénant pas assez les sang...
Je l'ai vu à 18h00... là... dans son lit d'hôpital... maintenue dans un semblant de vie par une machine aux "bip...bip...bip..." par trop révélateurs de son mal-être...
Je lui ai caressée la tête et lui ai demandé de "ne pas te battre... de partir...tu es bien trop fatiguée mon Ange... Tom est tellement heureux que tu l'aies attendu!..."
 
Comme je le dis à mon entourage: c'est bien la première fois de sa vie qu'elle m'écoute!
 
Le 27 à 00h45... son coeur a laché...
 
Ma souffrance est grande... l'inhumation aura lieu lundi 6 octobre...
 
Je reviendrai donc ici-même dans quelques jours... Le temps de ne plus avoir de larmes en mon coeur, en mon âme...
 
 
 
(pleasure95... 04 octobre 2008...)
 
August 16

Merci à vous qui m'avez supporté !!!

Bonjour à tous...
 
Enfin, le départ se précise vraiment et dans la nuit du 17 au 18 août nous serons tous les quatre sur la route des Landes afin de passer une dizaine de jours au camping... piscine... Pins... Ecureuils.... Bonne Humeur.... Enfin: Du plaisir !!!!
 
Je tenais à remercier quelques personnes pour l'année que je viens de passer avec Elles, pour tout ce qu'elles ont pu m'apporter de joies, d'échanges, de délires, de douceurs! En vacances, oui, c'est certain j'aurai une voire plusieurs pensées pour ces personnes-là:
 
Je pense notament à: Patrick (Canada), Elcem, Joanna, Laetitia, Marie, Sab (Nina), Sève, VivilapetiteSirene, Alyss, Sandrine, diamant656, Elisa, Goldenhawk, Jade17500, Laurentia, Marie BARRILLON, Kim, Opaline, Perle, Missmez93, Assya, Sabrina, Fred, Sandra, Mamie, Philippe et Nathalie, ~Sadness~, Anne et Béa, Christine, Fanny et Compagnie, Frane... Et tant d'autres! et tant d'autres!
 
Tous, à votre façon, au fil de vos commentaires ou joies et désespoirs, vous m'avez donné, apporté, remis en mon esprit de belles inspirations...
 
Alors un G R A N D   M E R C I    A   TOUS   !!!
 
Avec moi: Nini, Kilian et Tom qui chaque jour apportent joies et douceurs en mon chemin, en mon coeur!
 
Merci à toutes et à tous pour vos idées, messages, soutiens et coups de gueule!
 
 
Je ne vous oublie pas et espère, à nouveau, échanger avec vous à la rentrée!
 
à très bientôt.
 
 
(Pleasure95...16 Août 2008... en mode JE VOUS REMERCIE VRAIMENT !!!...)
June 10

9 Juin 2008 - Un jour à part... Bonjour Tom !!!

 

LUNDI 9 JUIN 2008 à 12h10 TOM ARRIVE... 47 cms / 3400 Gr !

 MAMAN   100_0718 100_0719  ET PAPA  100_0725

SONT HEUREUX DE VOUS PRESENTER TOM    09062008

2 HEURES APRES L'ACCOUCHEMENT  09062008(008)09062008(002)09062008(001)09062008(007)09062008(004)09062008(009)09062008(010)09062008(005)100_0731100_0728100_0729100_0730100_0732100_0737

KILIAN DEVIENT DONC GRAND FRERE !!! 100_073809062008(012)09062008(011)100_0735100_073609062008(003)

ET APRES 1 JOUR COMPLET10062008(004)10062008(001)100_073910062008(002)10062008(003)10062008

 

MAMAN ET TOM VONT A MERVEILLE !!!

June 03

Bah quoi??? (Chez le Psy...)

 

Vous dites?

Je suis un "homme moderne"!

Et alors?

Quelque chose qui vous gène???

Quoi ma main?

Oui, elle tient le volant!

L'autre main?

Oui, la boîte de vitesse...

Et? Un problème?

Quelle autre main?

Ha celle-là...

Oui, un PDA, pour les rendez-vous... Rien de grave...

Oui, cette autre main tient le stylet en effet...

Comment?

Cette cigarette?

Oui, dans une main...

Euh... Le GPS... Nécessite ma main, nous sommes entièrement d'accord...

Arfff, oui, vous avez remarqué ce bijou: c'est mon téléphone portable...

Oui! Oui! Oui! D’accord! Le briquet! Le sandwich!...

 

Mais... C'est grave docteur?...

 

Quoi? Que dites-vous? Le syndrome du quoi?

Du Spider-Man?

Vous avez compté?

Nous en sommes à dix mains?

 

Et... Vous vous trouvez Comics???

 

(pleasure95... L'évolution de l'espèce humaine sera "multi-bras et multi-tâches"... 03 juin 2008)

June 02

Courte soirée Télé (ou LE texte débile!)

 

Je sentais bien que c'était pour Ce soir (ou jamais!)

Mon jugement ne souffrait d'aucun os: je la trouvais plutôt bones...

Je me proposais donc de lui faire passer une Sacrée Soirée...

Ainsi, je décidais donc de l'amener pour commencer dans un restaurant des Champs Elysées...

Elle était ma Nouvelle Star...Là, à table, elle m'indiqua sèchement que j'avais tout juste 66 minutes pour la découvrir sincèrement...

Ces quelques paroles m'excitaient beaucoup...J'avais en effet le sentiment de vivre une enquête exclusive... D'être une sorte d'Envoyé Spécial en quête de savoir, d'apprentissage de ce corps sculptural et inconnu... Je regardais son décolleté, sa poitrine, son Capital comme elle disait... Souriante et portant sa main à son buste, elle me lança un "non non non, Taratata!" qui instantanément m'empourpra les joues... Je lui lançais alors:"mais... J'ai le droit de savoir!"

 

Notre soirée démarrait sur les chapeaux de roue, n'est-ce pas?... Et parlant roue, forcément, j'attendais avec impatience le moment où nous irions chercher la voiture au parking de la rue Pierre Charon...

 

Une fois dans la voiture donc, nous nous sommes approchés, embrassés, caressés... Puis ma main tenta de s'approcher du ticket de métro... J'avais quelques espoirs de voyager gratis... Elle m'en empêcha... C'était Zone Interdite le premier soir... Mais voilà, l'excitation ayant déjà fait son chemin en moi, je ne pu m'empêcher de lui montrer mon état, lui faisant verbalement un reproche: "mais...tu vois bien... T'empêches tout le monde de dormir !!!" Elle souri et rétorque: "t'énerve pas, c'est pas encore New York, Unité Spéciale !!!" Elle ne me donna même pas un coup de main... Quelques secondes après j'en étais carrément réduit à FBI: Portés Disparus...

 

Je la raccompagnais donc en bas de chez elle, et ne voulant franchement en rester là, sur cet échec cinglant, je ne pu réprimer une petite envie de lui faire mal... Ainsi, au moment opportun, c'est à dire lorsqu'elle me demanda la date de notre prochain rendez-vous, je ne pu m'empêcher de lui dire que son corps de sirène n'avait d'égal que son odeur de Columbo ! Et que je préférais regarder Thalassa que d'avoir à sombrer dans ses bras...

 

Elle pesta et me répondit juste:

"Bah tu vois: tu es comme tous les mecs! Je suis bien enquête d'action je te l'assure mais regardes ta gueule: On n'est pas couché! Pour les femmes, tu ne pourras jamais être autre chose que le grand frère!"

 

Et merde! Je n'aurais pas droit à un complément d'enquêtes!

 

Rentrant chez moi, dès mon arrivée près des boîtes aux lettres, la gardienne gueula:

"Attention à la marche ! Viens d'la cirer!"

Lui lâchant un "Ouais mais bon: ça se discute ! ",

 

Ainsi j'allais donc dormir... Après avoir pondu ce texte à 2 balles...

 

(pleasure95... Parce que la télé tue l'amour! Et j'avais une envie de rire débile... Désolé... 02 juin 2008)

June 01

Pas beau de vieillir parfois...

 

Sur mon balcon de banlieue parisienne. Le soleil est de retour. Un petit apéritif tranquille. Pas de ceux qui cassent rapidement et nous imposent de ne pas voir passer le reste de la journée. Non, un mélange simple: un tiers Martini Rosato, le reste de Tonic bien frais.

 

Sur ma droite, le barbecue électrique  m'envoie les effluves des brochettes colorées... Voilà, je suis bien... Le temps s'écoule et je n'en ai pas conscience, je suis ailleurs. Une tomate cerise. Un babybel enroulé dans un morceau de jambon de parme. Une taffe. Les brochettes, sifflent et ne demandent qu'à être retournées. Tiens, c'est l'heure des infos. En bas, des enfants jouent.

"Le tribunal de Lille... Mensonge... Virginité..." Quoi?!! Et le concept de laïcité alors? Pauvre femme... Combien de jeunes femmes passeront sur le billard dorénavant pour reconstituer leur hymen? Cela n'a rien avoir avec la justice ça! Liberté, Egalité, Fraternité... Pauvre France. Encore la Femme qui trinque... Une taffe, un gorgée. Un oiseau noir traverse mon champ de vision et je souris en pensant au texte que j'avais déposé sur mon blog à son sujet. Je suis bien.

"Cyclone... Birmanie... Millions de déplacés et disparus... Aide Internationale refoulée aux portes..."  Quoi? Et je ne peux rien faire de mon balcon! Même pas crier contre la connerie humaine qui semble bien ne pas avoir de limite! Mais c'est qui ce chef d'état??? Moins de peuple, moins d'opposants? Ha merde! Les brochettes! Vite les retourner! Hummm, cette fumée...

"Baril de pétrole... 133 dollars dépassés..." bah, ouais! Encore un peu! On verra demain si ma carte passe à la pompe! Sinon, je n'irai pas travailler. Pas de salaire, pas de charges à payer... Si seulement le monde entier pouvait s'arrêter une journée... Juste une... Une taffe, le soleil, mon Dieu: Quel bonheur!

"Province du Sichuan... Séisme... 130000 morts officiels..." C'est vrai que ça fait beaucoup... Mais bon... Ça devrait rassurer les traders... Tous ces corps, dans quelques millions d'années, ça fera peut-être un bon pétrole, un bon carburant? Non?

 

Je ne sais ce qui se passe... J'entre soudainement dans la peau d'un autre... Je ne suis plus chez moi, je n'ai plus 35 ans, je ne m'appelle plus Stéphane... Est-ce le petit cocktail qui fait de l'effet? Avec le Soleil; qui m'aurait trop tapé le dessus du crâne? Je me transforme... Ha! J'ai mal! Je sens ma masculinité descendre bien bas d'un coup! Ha j'ai mal! Je ne peux plus bouger de ma chaise... Je perds des cases... Et la télé toujours:

"Au Nord de la Loire... Météo France... Orages demain..." Quoi! Ha non! Ça y est je suis énervé! Chaque année c'est la même! Mai ensoleillé et suivi d'un trimestre de merde! Là, j'en ai marre! Voilà, ma journée est gâchée! Demain la pluie! Pfff! Ce n’est pas possible! Que vais-je bien pouvoir faire avec un temps pareil? Ça y est! Mon cœur s'emballe! Je suis énervé! Une clope! Faut que je me calme! Et ces gosses en bas qui font tout ce bruit! Je n'en ai pas, c'est pas pour supporter ceux des autres! Ha! Non! Les brochettes! Foutues! Trop cuites! Je balance un coup de pieds dans le barbecue. Je rentre dans l'appart ! J'en ai marre! Vraiment tout me fait chier! J'ai 53 balais et j'aime pas qu'on m'emmerde! Météo à la con! Je vais vous écrire moi! Savez pas de quel bois j'me chauffe! J'm'en balance moi d'votre Sich... Sichquoi au fait? Votre pétrole ! Et votre Tribunal! N'avait qu'à pas faire de connerie l'autre salope! Pffff! Je vais aller chercher l'adresse de Météo France sur le net moi! Z'allez voir le recommandé que vous allez bouffer!

 

Pfff! Faut qu'j'me calme! Un cachet! Au lit pour le moment! Et maman qui va encore me faire chier pour les courses! Et demain! Le boulot! Y vont encore m'emmerder! Pfff! Vont apprendre à connaître Michel!

 

(pleasure95... Spéciale Dédicace à Elisa suite à lui... Pas beau de vieillir ! 1er Juin 2008)

May 18

Prédateurs...

 

Personne n’a voulu ouvrir les yeux… Personne…

Oui, bien sûr, certain m’en avait parlé à une époque, mais en fin de compte tout le monde a oublié…

 

Pourtant maintenant, oui, je vois bien ces nuages poindrent leur nez. Les temps changent à ce qu’il paraît, mais nous, nous ne mutons pas, nous vieillissons tout simplement. Et ce laps de temps qui s’écoule nous laisse amplement le temps de faire le même constat : Le ciel est gouverné, contrôlé par une seul espèce… un charognard qui peu à peu à prix l’ascendant sur les autres espèces. Pratiquement plus aucun pigeon… Et aujourd’hui, n’importe quel enfant peut demander ce qu’est un moineau… Parce qu’aucun d’entre eux n’en a vu…

 

Certes, l’homme, dans sa grande compréhension de la nature mais surtout mu par sa nécessité de se cacher des fientes avait donc créé ces fameuses petites baguettes de plastique munies de piques afin que le pigeon ne puisse plus s’installer sur les corniches et les rebords divers des bâtiments… De fait, les différentes espèces avaient fini par migrer en des endroits plus verts, plus fertiles en nourriture aussi…

 

Plus loin, à quelques dizaines de kilomètres de là, une autre espèce était rejetée : le corbeau… Mais pour lui, on décima tout d’abord son milieu naturel : les bois, les forêts… De fait, afin de se nourrir, il se rapprocha des champs… Mais les substances nocives employées afin de fertiliser la terre avaient fini par faire disparaître rongeurs et autres animaux dont le corbeau se nourrissait…

 

Les pigeons sortirent des villes… Les corbeaux y entrèrent… ce chassé-croisé permit néanmoins au charognard de se sustenter aux abords des villes et surtout de lui faire instinctivement miroiter de bons festins en y pénétrant… Ainsi, la bête noire se présenta tout d’abords en prédateur du pigeon… Dans le ciel, les gens voyaient les « hordes du mauvais œil » fondrent sur les pigeons qui voletaient… Chose étonnante dont personne ne parût surprit : le corbeau, par nature, mange de la viande morte ou de la matière biologique morte… Alors pourquoi s’abattait-il maintenant sur d’autres oiseaux vivants ? Pourquoi était-il devenu tueur ? Et personne ne chercha à comprendre… Personne ne comprit le vrai danger de ce changement de comportement chez l’animal…

 

Aujourd’hui, donc, le corbeau fait figure de remplaçant du dragon mythologique… Il s’est organisé en armée dans nos villes… Il a prit le contrôle des airs… Plus aucun avion ne vole depuis qu’un nuage de ces oiseaux de malheur en avait fait écrasé un… ils avaient foncé sur l’avion, parvenant à faire exploser 2 des 4 turbines… Le pilote ne parvint pas à redresser… L’avion s’écrasa et pendant quelques jours il n’y eut plus aucun corbeau dans le ciel… Tous conviés au grand festin… Il paraît qu’ils commencent par les yeux…

 

Aujourd’hui donc, on compte en Europe 1000 corbeaux par habitant…

Les chiens et les chats me direz-vous ? Ne cherchez pas, il n’en existe plus non plus…Pauvres bêtes… Que pouvaient-elles faire lorsque submergées par 10, 20 ou 30 corbeaux aux becs et aux serres acérés ?

Cela fait bientôt 3 ans que je ne suis pas sorti de chez moi en dehors des jours de pluie… Seuls moments de répit attendu que le corbeau n’aime pas voler lorsqu’il pleut.

Nous avons tous essayé de nous rebeller face à ce surprenant prédateur auquel personne n’avait pensé comme dominant finale, celui qui parviendrait à décimer l’espèce humaine…

Le premier jour où ils sont arrivés en masse, le ciel s’était assombrit d’un coup… Tous, nous levions nos yeux au ciel en pensant à une éclipse du Soleil tellement nous avions le sentiment d’avoir perdu quelques degrés… Oui c’est ça, il a fait froid… et d’un seul coup, je m’en souviens comme si c’était hier, ils nous ont foncé dessus… Mais de là-haut, ils avaient eu le temps de choisir les proies… les enfants d’abord… les cours d’écoles donc…  les yeux d’abord… des milliers d’oiseaux sur nos pauvres enfants…

 

La première semaine fut horrible… Nous étions pris entre incrédulité de la situation et incompréhension vis-à-vis du manque de réaction de nos forces de l’ordre… Nous n’étions pas préparés à ça… policiers, militaires, femmes, hommes, enfants, chiens, chats… Tous, nous étions égaux face à ce fléau : nourritures… plus d’échelles ou de valeurs à dissocier entre les espèces vivantes… Non, il n’y en avait plus que 2 désormais : Les Corbeaux et les Autres…

 

Nous n’avions vraiment aucune solution pour éradiquer l’ennemi… Le système économique européen se gela peu à peu… plus d’essence, plus de denrées, plus rien… Poussant donc les peuples à essayer par eux-mêmes d’endiguer la catastrophe… Et nous avons donc tenté la survie en nous battant… J’ai perdu tous mes voisins… Ils ont eut Paul hier… Il était sympa. Un peu barré comme mec mais sympa… On en a tué combien avec Paul ?... 242 je crois en un peu plus de 2 ans… Je n’ai donc rien mangé depuis notre dernier… ça fait 2 jours…

Au loin, j’entends des tirs… d’autres qui se battent pour survivre… Mais… On n’en viendra pas à bout… C’est fou comme ils se reproduisent à une vitesse ! Ils ne réagissent déjà plus au gaz Lacrymogènes ou paralysants…. Non, ils nous maîtrisent ! On est fichus ! Et cela fait une semaine qu’il n’a pas plu…

 

Excusez-moi pour cette lettre quelque peu rapide mais ils sont juste là, dans la pièce d’à-côté et je crois comprendre qu’ils m’attendent… Ils sont aussi sur les rebords de mes fenêtres… Je pense qu’ils vont s’organiser afin de vider peu à peu les différents quartiers de la ville… Ils avancent de bâtiment en bâtiment, étage après étage… et ils ratissent… Ils nous ont eu… Je laisse cette lettre à qui voudra bien la lire… pourra la lire…

 

Courage à vous… 

 

Mon destin à moi est tout tracé : juste cette porte à ouvrir…

 

 

(pleasure95... texte rapide sucité par un corbeau devant ma fenêtre...18 mai 2008)

May 12

Le dernier essai des Dieux...

 

Des milliers de gens étaient là, foule compacte attendant un signe de sa part.

Tous ne désiraient qu’une chose : avoir l’honneur d’être touché par la grâce et les faveurs de l’Amour. Quoi, en effet, de plus important que d’aimer son prochain dans ce monde ou les dissensions politiques et sociales les avaient peu à peu, et très sournoisement, éloignés de ce besoin en leur donnant le faux sentiment que la vie ne valait d’être vécue que pour les acquis matériels ?

 

Aujourd’hui, la donne avait quelque peu changée… l’Amour avait repris le dessus en leur envoyant son émissaire. Cependant, son arrivée n'avait pas été révélée ou annoncée afin que l'on n'attende pas de lui de supporter l'adoration que les peuples auraient éprouvé à l'égard de ce nouveau messie. Non, l'Amour l'avait juste choisi lui, un humain d'à peine quatorze ans, et lui avait insufflé ce désir de nouveau monde...

 

Ainsi, au début, ses parents ne comprirent pas son évolution qui ne ressemblait vraiment pas à celle d’un adolescent…  D’habitude, ils veulent sortir, bouger, s’amuser avec des amis du même âge… Lui, non. Il n’avait qu’une seule passion : le tir à l’arc. Pendant son adolescence donc, il ne sortait que pour aller au club, participer à des concours en salle ou de Beursault… Vers 15 ans, il débutait et n’obtint de vrais résultats qu’à l’approche de sa majorité… la maîtrise de l’arc nécessitant un vrai combat avec soi-même : force, concentration, confiance en soi. Cela lui permit aussi d’avancer favorablement vers la vie active en réussissant sa vie scolaire. Mais ses parents, toujours quelque peu inquiet de le savoir toujours sans « aucune conquête féminine » à 22 ans, ne parvenaient décidément pas à le comprendre. Surtout son père qui finissait par s’en vouloir de ne jamais peut-être avoir su lui parler en homme de la femme. Savoir son fils informaticien dans une grande société de création de logiciels, oui, c’était bien, ça payait bien et pouvait donc lui assurer l’avenir. Mais l’avenir sans femme, sans sexualité aucune ? Non ! Ce n’était pas ce que l’on désirait pour son enfant ! La réussite sociale ne passe pas uniquement par le travail !

- Tu crois qu’il est homo et qu’il n’ose pas nous le dire ? Nous le présenter ? demanda le père

- Je ne sais pas… Mais je m’en moque ! Du moment qu’il est heureux ! Répondit la mère

- Oui, tu as raison. Je m’en fou aussi en fait…

- J’ai du mal de le savoir peut-être seul chez lui, jour après jour… soir après soir… souffla la mère.

- Avons-nous raté quelque chose ? Tu penses que cela vient de nous ? Questionna le père.

Elle ne répondit pas. Cette question était trop lourde de signification et se savoir responsable de la probable solitude de leur enfant était insupportable…

Ils éteignirent la lumière et s’endormirent… Il faisait chaud en cet été, la fenêtre entrouverte laissait le vent caresser doucement les voilages… Ils ne remarquèrent pas l’ombre qui passa rapidement devant leur fenêtre, au rez-de-chaussée du pavillon… Ni le courant d’air provoqué par l’ouverture de la porte principale… L’ombre avançait doucement dans le pavillon, sans bruit… Tel le vent… Rasant les murs pour ne pas faire craquer les lattes de plancher défaillantes situées au centre du salon, l’ombre glissait vers l’intérieur de la maison, leur intimité…. Passant par la cuisine, tira un tiroir et en sortit des clefs… puis s’approcha de la porte de chambre… L’ouvrit doucement pour ne pas éveiller quiconque… et levant les clefs l’ombre chuchota :

- Désolé, la mienne est en rade… Bonne nuit mes petits parents… Ne craignez rien, je vais bien… Faudra que je vous parle des systèmes d’alarme un de ces quatre….

Puis il rangea les clefs dans sa poche… Sortit son arc et y installa une flèche d’une luminosité étrange : elle projetait des myriades de couleurs dans la pièce et semblait constituée de fumée… Il arma, banda son arc et l’envoya traverser les deux corps allongés… Aucune réaction ne se fit sentir… la flèche disparut derrière les victimes  en une gerbe étincelante qui s’éteignit dans le néant…Les deux corps restaient inertes, imperturbables dans la sérénité de la nuit… Ils n’entendirent pas l’ombre refermer la porte, quitter les lieux et prendre la voiture garée juste devant dans la rue…

 

Dans Paris, 23h30, rien ne semblait différencier cette nuit d’une autre : quelques rares badauds marchaient le long des quais de seine au pieds de Notre-Dame, des amoureux sans doute… Plus loin, vers la Mairie, quelques groupes été assis ici et là, écoutaient de la musique ou parlaient, riaient tout simplement… Mais personne ne remarqua l’ombre traîner autour d’eux… les prendre pour cibles… Armer… lancer… Personne ne sentit la lumière traverser leur corps… L’ombre se déplaça, sorti un plan de Pairs et biffa le quartier… Un plan de plus en plus touché… Repassé à l’encre jaune fluorescente… puis elle se dirigea vers un autre endroit très courut par les groupes de jeunes : le Quartier des Halles…

 

Au petit matin, mission terminée, la voiture fut ramenée devant le pavillon des deux quinquagénaires endormis et la clef retrouva sa place…

 

Cela dura ainsi pendant 7 ans… Il accomplit ses missions soir après soir… nuit après nuit… Par temps de pluie, de neige, de vent ou par temps clair… Jamais défaillant, toujours présent… Et les pouvoirs publics s’enorgueillissaient d’avoir réussi à faire baisser la criminalité dans la capitale et sa banlieue… Dans le monde on finissait par parler de « Paris-la-bienheureuse » ou la « Capitale-fleurie ». Tout allait pour le mieux dans cette mégapole de près de 15 millions d’âmes… Un vent de bonheur soufflait. Pas une rue qui ne soit fleurie. Pas une seule personne ne craignait de sortir la nuit, même dans les quartiers aux mœurs déplorés par beaucoup… On n’aimait pas forcément ce qui s’y passait - l’exercice du plus vieux métier du monde - mais on n’avait plus peur d’y passer à n’importe quelle heure de la nuit. Les jeunes des cités n’étaient plus véhément comme auparavant non plus. Leur nouvelle drogue était Amour, respect, fraternité malgré les différences dites sociales ou religieuses… Les gens âgés souriaient aux jeunes comme les jeunes remontaient les sacs de courses des mamies…

 

Tout cela était si étrange aux yeux de la communauté internationale que cela poussa les dirigeants du monde entier à prendre la France en exemple en matière de social… Pensant bien sûr que cela tenait uniquement de la politique… Mais…

 

Mais contre toute attente, surtout la sienne, l’émissaire fût peu à peu démasqué… Non pas parce qu’il aurait fait une erreur qui l’eut démasqué… Non, simplement parce que le vent de bonheur qu’il émit et enracina dans chacun finit par le faire reconnaître de tous. Reconnaître comme une part en nous… Quelque chose d’impalpable mais que l’on sait là… Protecteur invisible… Ange gardien… Quelque chose qui transforme un « c’est la vie » en « c’est Lui »… Une certitude, une conviction, un besoin intrinsèque à notre condition humaine aussi… Un Dieu…

 

On se mit alors à le chercher partout… Et ce faisant, on créa une sorte de fanatisme dans la conscience collective à tel point que n’importe qui fût plus ou moins reconnu… Des enfants, des vieillards, des gens des plus communs menant des vies des plus standards… De fait, personne ne se rendit vraiment compte que le mal reprenait peu à peu une place prépondérante dans les rapports humains… On croyait reconnaître le voisin et on alertait tout le quartier…La nature humaine étant ce qu’elle est, on brûla des maisons… Par Amour, par fanatisme, par jalousie aussi… On tua des gens parce qu’on voulait simplement les toucher…être touché par le pouvoir divin… Pouvoir dire qu’on l’a approché, qu’on lui a parlé et qu’il nous a répondu… bref, se dire qu’il nous a choisi pour nous dire en nous même qu’il nous a mis dans la confidence… nous mentir.

 

Ce soir donc, en cette place surplombée de cette tour, des milliers de gens étaient venus afin d’entendre de saintes paroles de la part de l’Emissaire… Il nous avait apporté l’Amour et à force de voir à quel point les choses avaient mal tourné depuis 6 mois, il avait fait passé un message aux médias, disant qu’il se manifesterait ce jour depuis le balcon du 33ème étage…

Ainsi, alors que le Soleil rasait l’horizon et que la pénombre commençait à emplir la place, il apparût au balcon… De la place montait des cris qu’il entendait : Messie….Amour…. Dieu…

Et il regarda cette foule, cette marée humaine l’appeler… Et il cria à son tour :

-Pourquoi ?!!

 

Les cris se turent en bas… Le silence fit la place aux belles paroles attendues, espérées…

Mais la foule fanatisée, idiote par nature devant ce qui touche au « Divin », ne put se canaliser et rester calme à écouter… En effet, à peine eut-il prononcé ce premier mot, qu’elle se mit en mouvement pour se rapprocher de la tour… Malheur à ceux qui étaient assis parce qu’arrivés depuis les premières heures du jour… Nombre de personnes furent écrasées, étouffées… Des corps meurtris par le passage d’autres corps… La houle était furieuse…

 

De son balcon, l’émissaire put voir cette vague se rapprocher de lui, puis reculer sous l’effet du ressac créé par l’écrasement de la masse contre la tour…

 

Il comprit alors que les mots ne serviraient à rien… Que dire au fond ? Qu’ils sont idiots? Dans la volonté qu’ils portent en eux de toujours être différents d’autrui et de s’acharner à inscrire cette différence dans une supériorité quelconque ? Ils avaient tués pour s’approcher de celui qu’ils considéraient comme une divinité, un bienfait… En quoi pouvaient-ils vraiment se trouver plus rationnels qu’une meute de loups devant une biche ? En rien… Avec leurs mains, leurs facultés mentales… Ils n’avaient rien appris de plus que ce que le règne animale avait découvert auparavant… Se tenir debout n’avait donc servis qu’à prendre des fruits plus haut dans l’arbre… Le cerveau ne servait donc qu’à envier… jalouser… les mains… pour tuer… asservir… Vous m’écœurez…

 

Levant sa tête vers le ciel il demanda juste :

- Pourquoi ? Pourquoi avoir changé ma condition de simple humain ?  En quoi vous ai-je apporté quelque chose que vous n’auriez pu entrevoir par vous-même ? Je vous hais…

 

Il bascula dans le vide et se laissa tomber sur la foule qui criait de le voir tomber…

Il s’écrasa sur les gens… il causa la mort de 3 personnes…

Personne ne chercha à toucher son corps meurtri…

On enleva ce qui restait de lui et on l’emmena…

 

Personne ne sût jamais qu'il n'avait jamais connu l'Amour ni pourquoi il avait sauté mais tout le monde conclut en un « illuminé, un fou dangereux…. »

 

La place fût nommée « place des martyrs » en mémoire des 3 personnes tuées par sa chute…

La vie reprit son chemin et dans les livres d’histoire on appela cette période « la fanatisation »… Tous les lieux de cultes furent rasés...

 
La pratique du tir à l’arc fût rendue interdite et on préconisa plutôt le tir au 9 millimètres…

 

Et on laissa l’Homme, seul face à son destin…

 

Sur une boule, au milieu du néant, dont il n’arriverait jamais à comprendre qu’il n’était que…

 

simple invité…

 

 

 

(pleasure95... 12 mai 2008... en mode content-plaintif)

May 08

Accusé n° 36 023 681 278 ou échecs macabres

 

-Faites entrer l'accusé... le condamné n° 36 023 681 278

 

La lumière fut.

 

Il est des choses comme cela, que l’on ne décide pas, qui échappent à notre contrôle…

Pourtant, malgré cet attentisme induit, on se retrouve assis devant une table sur laquelle on a placé un échiquier… Aucune pièce ne manque… La reine côtoie le roi et lui assure les faveurs dues à son rang… Le fou marque une pause, mais sa stature fait rire… Les cavaliers quant à eux surveillent les huit petits pions qui les devancent… Les tours rassurent par leur présence. Je ne vois pas mon adversaire qui est plongé dans l’obscurité.

 

Mes pièces se retournent et me regardent comme pour me rappeler qu’ayant les blanches c’est à moi d’engager le conflit… Je tends donc la main et soulève doucement un pion pour le faire avancer de deux cases… A peine l’ai-je posé qu’une voix féminine sortie de nulle part annonce :

-Il a sombré !

 

Je ne comprends pas… Seule ma place et la table sont éclairées et je ne vois pas alentour. Suis-je dans une salle ? Un rêve ? La réflexion est veine à vrai dire puisque je n’ai le temps de tergiverser qu’une main gantée de noir déplace aussi un pion couleur d’ébène… Et une autre voix annonce :

-Un tremblement de terre de 2.6 sur l’échelle de Richter vient de secouer l’Europe de l’Est. Bilan : 4 morts et 163 blessés, légers pour la plupart.

 

Je suis inquiet… J’ai peur… Je tente de me lever mais mes jambes sont trop lourdes, je ne parviens pas à décoller mes semelles du sol… Je cris :

- Qui êtes-vous ? Où suis-je ?

Une voix venant tout droit de devant moi me répond :

-Tu es notre invité…

-Invité ? À quoi ? Et… et… De qui ?

-Nous sommes ce que vous appelez la mort, la tristesse, le négatif…Nous passons notre temps à jouer… Aujourd’hui c’est avec vous…

-Mais jouer à quoi? Je ne saisis pas? Laissez-moi partir!

-Non, nous ne pouvons pas : La partie à commencé! Vous devez aller jusqu’au bout ! Ou nous vous emmenons à jamais avec nous!

Ces derniers mots résonnèrent en moi longtemps avant que je ne puisse songer à répondre :

-Pourquoi ce jeu ?

-Vous n’aimez pas les échecs ?64 cases, 32 pions… Des milliers de possibilités différentes selon vos choix, vos envies, vos peurs… Et si vous êtes assez fort vous comprendrez ce que nous ne pouvons expliquer…

Accusé… tremblement de terre… condamné… mort… Je ne comprenais rien de ce qui ce tramait en cette pièce, en cette… prison ? Et l’un de mes cavaliers, pour me rappeler qu’une « partie se jouait », coupa la tête du pion situé devant lui d’un coup de rapière… La tête roula sur le côté et se retrouva vite hors du plateau de jeu… La voix mono timbre qui résonna à nouveau :

-Un avion s’écrase en Sibérie : bilan 195 Morts. Aucun survivant.

-J’ai omis de vous dire que vous n’avez que 2 minutes par coup… m’indiqua mon adversaire. C’est franchement dommage de perdre une pièce de la sorte… Regardez ce que vous avez fait : un avion… Des femmes, des hommes, des enfants aussi… Bon, c’est donc à moi de jouer…

Cette façon de parler d’une catastrophe confinait à un stoïcisme face à une difficile épreuve et commençait franchement à m’énerver… comment était-ce possible ?

Il prit un cavalier et le fit passer au-dessus de ses pions pour le mener en son nouvel emplacement…

-Une vague de froid s’abat sur le Luxembourg : 2 morts.

 

Je n’en pouvais déjà plus… je n’avais pas le droit d’entrer vraiment dans ce jeu… jeu mortel… je regardais le plateau… mes pièces… et le cavalier semblait déjà regarder un autre pion et caresser l’espoir de l’écimer prochainement…. Pas possible….

J’avançais donc ma main tout en réfléchissant aux prochaines conséquences... Comment stopper cette partie ? Comment montrer ma désapprobation face à cette comédie ? Combien de mort encore allait se décider par le simple fait d’avancer une pièce? Je transpirais et jetais mon dévolu sur le Fou, libéré par l’avancée de mon tout premier pion, et le déplaçais donc de 3 cases en diagonale pour l’approcher ainsi du bord du plateau… Et la voix féminine de dire :

-Il est trop loin déjà…

 

L’adversaire bougea un autre pion… Avalanche, France, les Alpes, 5 disparus…

 

Je ne tenais plus en place, mon sang bouillait, je ne voulais pas ! Je pleurais déjà à l’idée d’avancer encore un peu dans la partie…. Il fallait que cela cesse ! Il restait encore 31 pièces et une infinité de mouvements ; chacun de ces derniers donnaient lieu à une inéluctable catastrophe… Un avion, le froid, une avalanche…. Et puis quoi encore ! Quoi ! Je ne suis pas fait pour ça ! Et ce cavalier qui me regarde encore avec son ère intéressé… Il attend quoi ? Que je lui redonne une occasion d’assouvir sa barbarie ? Son envie de meurtre ? Non ! Je ne veux pas !

Regardant la disposition des pièces de mon adversaire me vint soudain l’idée qui semblait être la solution ultime pour que tout s’arrête… De mon corps, seuls les jambes étaient paralysées… Mes bras fonctionnaient parfaitement et me permettaient de jouer… mais pas que cela ! Le but du jeu ma revint en mémoire aussi soudainement : Bloquer le roi de l’adversaire… Le roi ! Il fallait le tuer lui! Le prendre et le jeter à terre?

 

Ainsi, c’est avec un sourire retrouvé que j’entrepris de poser ma main sur le roi noir et de le porter à ma bouche… La reine criait et pleurait... Le roi appelait à l'aide en se protégeant le visage de ses bras... J'avalais d’un trait ce petit homme afin de ne laisser aucune chance à la partie de reprendre…

Toutes les autres pièces de mon adversaire disparurent aussitôt… Ne laissant donc que mes blancs sur le plateau… L’homme devant moi me dit :

 

-Je n’ai plus de jeu ! Vous avez compris la seule chose qui était possible pour arrêter cette partie : neutraliser mon roi afin que tout devienne un non-sens, y compris votre présence ici…Vous êtes libre… Je vous demanderais de ne pas ébruiter votre passage parmi nous… Mais sachez que votre cœur est pur, vous n’avez laissé la partie se dérouler que pendant 6 coups seulement… Bien souvent, avec les autres, elle va jusqu’au bout malgré qu’ils aient compris très vite que les catastrophes qui en découlent sont bel et bien réelles… Mais ils n’en ont que faire… Dans ce cas, nous les gardons avec nous… Vous, vous pouvez partir… retournez d’où vous venez et soyez heureux…

 

-Mais dites-moi… qui êtes-vous ? Lui demandais-je alors, bienheureux de se dénouement rapide de mon calvaire…

 

-Dans votre monde, fût une époque lointaine, on nous attribuait le rôle de Balance, de Justice devant le Très Haut… Nous devions peser le cœur des Hommes et leur proposer la Félicité dans le Paradis si le cœur se trouvait plus léger que la Plume…. Nous avons juste changé de procédé parce que même ici rien n’est immuable et les techniques s’améliorent afin de ne pas laisser repartir de brebis galeuse… Vous, vous pouvez donc repartir, vous avez sauvé beaucoup de monde aujourd’hui… Et ne vous inquiétez pas de la douleur…

 

-Quelle Doul…

 

Cette douleur-là ! Celle de la première respiration après un accident cardio-vasculaire !

Celle du défibrillateur qui nous envoie des joules et des joules parcourir tout le thorax !

La lumière qui fait mal aux yeux ! Les cathéters dans les bras ! Le respirateur ! Une véritable naissance d’enfant mais avec les stimulations d’un corps d’adulte ! Sensations d’écrasement soudain de la boîte crânienne ! Tout ça mêlé à la peur et la demi inconscience de soi ! J’ai mal !

 

- On le récupère ! Il revient ! Le cœur bat de nouveau…

- Bon on le stabilise et on l’envoie en RéA !

 

C’était la même voix que pendant la partie… « Il a sombré ! »… « Il est trop loin déjà…».

 

Bip…bip…bip…bip…

 

Je me suis rendormi…

 

Et voilà, cela fait maintenant 5 jours que cela s’est produit… Je suis allongé dans ce lit d’hôpital et j’écris ici les premiers choses qui me sont revenus en mémoire au sujet de ce que l’on appelle une E.M.I. (Expérience de Mort Imminente) ou N.D.E. (Near Death Experience)…

Je ne peux malheureusement pas m’étendre sur le sujet, l’absence d’oxygénation de mon cerveau ayant entraîné quelques lésions là où certains souvenirs étaient rangés… Non… Mais ces quelques écrits sont juste là pour vous dire que lorsqu’elles seront retrouvés, les deux boîtes noires de l’avion tombé en Sibérie ne pourront pas vous dire avec exactitude pourquoi…

 

Mais vous saurez que c'était juste pour 2 minutes d’une partie d’échec…

 

P.S. : Une infirmière m’indiqua ce matin que depuis un mois, j’étais la 3ème personne au sein de laquelle le scanner révélait une petite pièce de bois dans l’intestin et, chose plutôt drôle, assimilable à une pièce de jeu d’échec… Un roi noir… Et que tout comme moi, les deux autres personnes n’avaient aucune idée du comment et encore moins du pourquoi…

 

 

(pleasure95... 7 Mai 2008... Un jour peut-être devrais-je comparaître?)

May 03

Fait divers et d'Alzheimer...

  

Il lui ferme la bouche…

Lui essuie la salive qui a coulé sur la joue, le cou…

Puis s’assoie sur le bord du lit…

Voilà c’est fini…

51 ans de vie commune qu’il vient d’arrêter net…

D’un simple geste : un coussin sur la bouche…

Il la regarde allongée. Il lui trouve un air paisible…

Comme lorsqu’ils avaient échangés leurs premières caresses il y a si longtemps…

Comme après la naissance de leur enfant… Comprendra-t-il se geste ?

Qui comprendra de tout façon ?

Mais au fond, il s’en moque…

Elle a été sa femme pendant plus d’un demi-siècle. Personne n’a le droit de le juger !

Elle a été sa canne lorsqu’il s’était cassé le bassin, ses yeux lorsque les siens ont été déficients à cause du diabète…

Il se lève et va prendre un album de photo… se rassoie à côté du corps de sa femme, et ouvre

l’album au hasard. Il sourit à la vue de l’image et la commente à haute voix :

« 1974… Tu te souviens ses vacances ? Comme tu étais belle ! Comme tu étais légère ! Je venais d’être licencié de l’usine… Et pourtant tu m’as aidé à ne pas sombrer… Nous sommes partit en vacances quelques jours… »

Tournant plusieurs pages :

« Mon dieu, ce que le temps passe vite : tes cheveux courts en 1986… Je te disais que ça faisait trop ressortir tes pommettes… Je n’aimais pas… »

Il soupire… pose l’album sur le chevet, s’allonge à côté de sa femme et pleure en la serrant contre lui…

Voilà que le temps tourne autrement maintenant… Il a la désagréable sensation d’avoir fait du mal à celle qu’il aime… Mais ce sent tellement soulagé !

 

Il nous est demandé de nous marier pour vivre le meilleur comme pour supporter le pire… Le meilleur, on sait tous ce que cela engendre ou suppose… Mais le pire ? Qu’est-ce que le pire au fond ? Pour le meilleur, on ne dit rien… Quant au pire, en fait, on n’y songe même pas… Pour certain, il s’agira de la mort du conjoint, pour d’autre de la maladie, du divorce ou tout du moins, on pense peut-être à quelque chose de générale… Mais qu’en est-il du meurtre ? Comment supporter ça ? Se dire qu’on a tué par Amour ? Que les sautes d’humeur de l’autre nous poussent au crime ? Est-ce que j’étais préparé à ça ? La libération par le fait de commettre un acte ultime ? Sans retour en arrière possible ? Je t’aime tu sais, n’en doute jamais ! Tu sais bien que j’ai tout tenté pour toi, contre cette chose, cette ombre qui planait sur toi… Alzheimer qu’ils ont dit… Mais ils n’avaient pas de place pour toi… Je te garde en moi, en mon cœur mon Amour, je ne retiens que les belles images de notre vie : nos hésitations de jeunes et la chaleur de nos baisers… Le chemin que nous avons martelé de nos pas… Ensemble… Mais je leur en veux de m’avoir fait ça… De part le refus à te prendre dans un centre spécialisé, ils m’ont réduit à l’impuissance… Tous les jours j’ai attendu qu’ils me disent qu’il y avait une place… Tu aurais été mieux avec eux… Et tu ne m’aurais pas tendu ce couteau en me demandant qui j’étais tout à l’heure dans la cuisine… Tu n’aurais pas crié… Ces certains, tu m’en aurais voulu… Mais… Je ne t’aurais pas tuée… Tu me manques tu sais… Depuis si longtemps ! Combien… 6 ans qu’ils ont dit Alzheimer ? 6 ans déjà… A supporter le vide de tes yeux… Tes errements dans la maison… Ta maison que tu ne reconnaissais plus…

 

Et le vieil homme resta là, allongé… jusqu’au lendemain matin… serrant contre lui l’être le plus cher à ses yeux… pas sa moitié, non, son trois-quarts ! Celle qui lui donna toute sa vie, toutes ses envies, tout son être de chair, de sang, de pensées… Les rires, les larmes… Il n’avaient jamais été séparés plus d’une nuit par ce qu’ils ne le permettaient pas, ne l’auraient pas supporté… Et une éternité les séparait dorénavant… par sa faute… et son chagrin serait à jamais vif en lui… Il n’attendrait plus qu’une chose : pouvoir la rejoindre pour la vivre à nouveau…là-haut…

 

Mais au petit matin, le vieillard, par trop rongé par la tristesse, le chagrin et les remords ne pensa qu’à une seule chose : se livrer à la police afin d’être puni pour son acte… sa folie passagère… Il eut du mal à se lever, se préparer pour sortir… Il pensa même à « couvrir sa chère et tendre » afin que lorsqu’il reviendrait accompagné des agents de police, on la regarde respectueusement comme il se doit… Puis il sortit, espérant bien sûr ne croiser personne afin de ne pas perdre de temps…

 

Dans un geste répété des milliers de fois, il ouvrit la boîte aux lettres et fourra les courriers de la veille dans sa poche… Il les regardera plus tard… Là n’était pas l’urgence… Le commissariat… Où est-il bon sang !... ha si… par là… Il se mit en marche d’un pas résolu et ferme… Il avançait dans la rue sans songer aux gens qui l’entouraient… Non, il ne les voyait même pas… Il ne sentit pas la pluie s’abattre sur lui non plus… Plus rien ne pouvait le déranger maintenant…

 

Enfin arrivé devant la bâtisse au drapeau tricolore, il demanda à un jeune homme passant devant lui s’il n’avait une cigarette… Une envie soudaine d’en griller une s’était installé en lui depuis quelques mètres…  La dernière ?... Celle du condamné ? Cela faisait combien d’années qu’il n’en avait pas tenue une ? 15 ? 20 ? 25 ans ? Peu importait en fin de compte…  Là, devant cette façade… Il ne pouvait s’empêcher… Le jeune homme, un peu surpris que cette demande vienne d’un « vieux », la lui tendit malgré tout… puis du feu aussi…

 

Et le vieil homme faisait les cents pas devant le bâtiment… La cigarette lui laissait le temps de bien choisir ses mots… « Excusez-moi, j’ai tuée ma femme ! », « Aidez-moi… », « Je vous en supplie…ma femme… » Il ne savait pas quels mots employer… Mais il savait qu’il entrerait dans ce bâtiment dans le but d’être puni pour son acte… Il voulait qu’on le condamne… qu’on le châtie… Il l’aimait tellement sa « petite fleur », « sa reine », « sa puce »… Il avait fait vœu de toujours la protéger… Lui rendre n’importe quelle douleur légère… Et en fin de compte il n’avait pas supporté la pression de la maladie toujours plus envahissante… Les regards vides de sa femme… Ses « absences »… Ses pleurs… Ses colères… Tous ce qui faisait que chaque jour il devait se présenter à elle… Lui montrer des photos pour qu’elle ne doute pas, qu’elle le reconnaisse vraiment… Que son visage s’illumine d’un franc sourire… d’un vrai bonheur rappelé… sa date… ses sensations… Tout ce qui fait que l’on se raccroche un temps soit peu à la vie dans les pires moments : les émotions positives…

 

Pensant à tout cela il n’avait réellement conscience que sa main droite avait sortit le courrier de sa poche… Lorsqu’il s’en rendit compte, il regarda sa cigarette et constatant qu’elle était loin d’être finie, il prit le parti d’ouvrir les enveloppes… Facture de gaz… non. Lettre du cousin situé à Bergerac… plus tard. Hospice de la Colline… Tiens… Encore eux… ouvrons-là…

 

« Cher Mr Carcas,

Ayant conscience de l’urgence du cas très avancé de Madame Carcas, votre épouse, et suite à la libération inattendu d’une place dans notre centre, nous aimerions convenir d’un rendez-vous, si possible le 21 Mai prochain, afin que le dossier de Madame soit suivi par nos soins dans les plus brefs délais….. »…

Courrier d’hier…

Etrange douleur que celle que le vieil homme ressentit à l’instant même où il en comprit réellement la teneur… Le bras gauche devint dur comme du métal… La douleur s’empara de sa poitrine… Ses yeux ne voyaient plus… Il ne respirait presque plus lorsque ces jambes cédèrent… Il tomba de tout son long sur le trottoir… un filet d’urine coula sur le sol avant même que le premier policier de surveillance à l’entrée du bâtiment n’ai eu le temps de comprendre et lui porter secours…

Son cœur s’était arrêté de battre… Etouffé par la douleur d’avoir commis l’irréparable alors que quelques étages sous lui, dans une simple boîte aux lettres, une main avait glissé la solution… L’échappatoire… Une autre façon bien plus simple de ne pas se soumettre à la maladie d’Alzheimer… En y réfléchissant quelques centièmes de secondes, son esprit avait « craqué » à l’idée que cette lettre existait avant qu’il ne libère sa femme de la maladie…

 

On ne put malheureusement pas sauver le vieil homme…

 

Une heure plus tard, les agents de la ville passaient un coup de jet d’eau et effaçaient toute trace sur le trottoir… Une cigarette à demi consumée roula jusqu’au caniveau… et flotta… Tel un bateau en papier comme le vieux monsieur aimait en faire dans son enfance…

 

Quelques minutes plus tard, un jeune homme passa en se disant que tout de même, il était charmant ce vieillard, à lui demander une clope… Mais, qu’à son âge, il serait temps d’arrêter… Et il ria à l’image de ses vieux que l’on voit parfois dans la rue avec leur cigarette pendante à la bouche… Parfois, on le voit bien, la fin est proche pour eux mais même s’ils éprouvent du mal à se tenir debout, à se lever, s’habiller ou s’alimenter… Il n’en reste pas moins qu’ils ont toujours assez de hargne pour allumer leur tige…

Et à nous montrer qu’elle ne les a pas encore tués…

 

Pendant ce temps, grâce au courrier dont il était porteur, les agents de police investirent l’appartement du vieux monsieur, pensant y alerter un proche… L’incompréhension sera de mise au début… En effet, une lettre expliquant la possibilité d’aider madame et monsieur face à la maladie… Un meurtre de l’autre… L’affaire sera enfin classée sans suite lorsque leur fils aura témoigné au sujet de la maladie d’Alzheimer de sa mère et la présentation des 43 autres lettres de refus pour manque de place ou stade trop avancé de la maladie…

 

Quelques années plus tard, des voisins du 5ème étage parleront des « gens du 4ème étages »…

 

Des gens bizarres d’ailleurs… parfois elle criait à la mort… Pas étonnant qu’il l’ai tuée… Il avait des yeux de fous certains jours lorsqu’on le croisait… Dis, tu crois qu’il est où le vieux ? Dans un hospice ou en prison ? Tu crois que ça tiens le choc ces p’tites bêtes-là en prison ? En tout cas, moi, ça m’rassure qu’il soit plus là ! Pas un air très catholique celui-là ! Bah tu sais quoi chérie ? Je crois bien que j’aurais pu le laisser crever dans le caniveau si je l’y avais vu ! On n’a pas le droit de faire du mal à sa femme comme ça !

Par contre… Personne ne demandera à cet homme du 5ème pourquoi il n’est jamais descendu d’un étage pour s’informer sur

l’origine des cris… mais quand bien même on le ferait, ne répondrait-il pas: « moi je ne me mêle pas de ce qui se passe chez les gens ! » ? Ou d’un air malicieux accompagné d’un large sourire typiquement masculin : « Bah… y a pas qu’en frappant qu’un homme peut faire crier une femme ! Hein chérie…» ?

 

 

(pleasure95... 3 mai 2008... Fait divers trop... commun...)

SENTIMENT !!!

 

"River So Wide" (Phil Collins)

If we can cross at the place that divides us.
cross the river, the river so wide,
if we can smother the pain that's inside us,
deny the demons that wait but our side,
we can find, find the light

Our nights are filled with the light of the same moon,
we share the comfort of the same stars.
Our days are bright with the light of the same sun,
that don't matter, can't you see what we are,
what we are, what we become?

Keep our sights on the way ahead,
don't look back, it won't help us now.
The storm we left so far behind
seems a dark memory that starts to fade,
but till we see the light we will not be safe.

We all sink or swin in the same ocean,
break our skin and we will bleed
our minutes pass with the same motion,
we face the same danger, we share the same needs,
we're all the same, you and me.

Keep our sights on the way ahead,
don't look back, that won't help us now.
Upstream, the river gets too wide
so we must build that bridge right here,
'cos if we wait we will not reach the other side.
See under that clear blue sky
the winds of change are blowing hard and long,
and they'll not stop to rest 'cos the change is gonna come

Our nights are filled with the light of the same moon,
we share the comfort of the same stars.
Our days are bright with the light of the same sun,
that don't matter, can't you see what we are,
what we are, what we become?

Keep our sights on the way ahead,
don't look back, it won't help us now.
'cos upstream the river gets too wide
and if we don't build that bridge right here, right now,
you know we'll never ever reach the other side.

March 22

Manteau Nocturne... Partie 1 - la peur...

 

24 Janvier 2008, 17h34 : la nuit a déjà recouvert la ville de son manteau noir. Chaque âme est rentré chez elle aux premiers effets de son arrivée : assombrissement, refroidissement, silence…

Pourtant, ça et là, quelques-uns essaient tant bien que mal de lutter contre cet obscurantisme qui s’installe chaque fois qu’une journée se meure… Ils courent, espérant que le bruit de leur pas pressés rappellent à d’autres que dehors, malgré la nuit, la vie est toujours présente… Ou bien, il lutte… contre l’ennui d’une soirée trop simple au domicile : haut lieu des habitudes consensuelles au sein du foyer réglées sur l’aiguille imperturbable qui chaque jour décrète qu’il est temps de manger, de se doucher, de regarder la télévision ou de se coucher… De nous rappeler que dès notre plus jeune âge, nous sommes programmés à toujours faire les mêmes choses, les mêmes jours, à la même heure…. Tristesse de vies trop bien « paramétrées »…

 

Pourtant, ce soir, nombres de personnes se questionnent… Pourquoi ?...

Pourquoi justement refaire comme hier ? Comme demain ? Comme toujours ?

 

M. se lève et ouvre sa fenêtre… Elle est rentré du travail il y a peu, mais ce soir, de solitude elle ne veut point… Non… Elle connaît trop les quatre murs qui l’entourent et ne peut plus les regarder sans lâcher quelques larmes…

 

Ce soir elle ne pianotera pas sur son clavier, enfermée dans son salon pour tromper sa solitude avec une connaissance sur le net… Non, elle a besoin d’autre chose… Elle reste debout, appuyée au garde-fou de sa fenêtre… Tout d’abord saisie par le froid, sa première idée fut de refermée illico la fenêtre afin de retrouver la chaleur de l’intimité, du cocon… elle se ravisa donc et s’appuya franchement des deux mains sur le métal froid et toisa alentour : cette vue, composée d’un cinéma sur la gauche, de la route juste en bas, des rails de chemin de fer en face menant à la gare surélevée à droite, ainsi que la gare routière tout à fait à droite : tout ça, elle connaît… trop peut-être même… non, ce qu’elle veut ce soir, c’est vraiment ressentir les choses comme ses propres yeux ne sauraient réellement lui suggérer… oublier un peu le côté matériel de l’existant, y compris les pavillons au loin derrière la voie ferrée…

 

Non, tout ça, ce soir, elle n’en veut pas, ce qu’elle veut c’est tout simplement sentir les choses, ressentir les gens…

 

Sur son visage, le vent frais qui pétille… elle sent ses yeux bouger derrière ses paupières au rythme des rafales de vent qui viennent heurter ses joues. De sa main droite, elle défait son chignon afin de laisser libre cours à sa chevelure… Elle se sent bien, elle se sent vivante…

Juste elle et le vent, la fraîcheur, et quelques bruits alentour : sur la gauche, des pas pressés de ceux qui fuient la nuit et se réfugient pour un instant au cinéma, d’autres un peu partout qui courent vers la gare… rentrent aussi chez eux sans doute… un oiseau vient de passer, reconnaissable au bruit que provoque le vent dans les battements d’ailes… plus loin, des rires d’enfants, des cris amusés, des rires de parents et le bruit des sacs en plastique qu’ils tiennent… une voiture passe lentement… Les yeux fermés tout semble beaucoup plus paisible, moins soumit aux soubresauts de l’excitation du jour… même ce train qui arrive de la gauche paraît venir très lentement tellement le sifflement des essieux sur les rails semble doux et lointain… M est bien… certes elle est seule à cette fenêtre mais elle se nourrit des événements auditifs… l’ouïe permet un meilleur discernement que la vue… pas besoin de les ouvrir pour appréhender le visible… Et puis, après tout, la nuit, ne dit-on pas que tous les chats sont gris ? Donc, autant rester les yeux fermés… sentir ce vent qui caresse, ce froid qui fait frissonner et écouter… La vie malgré la nuit…

 

Et elle s’évade, de bruits en bruits, elle sent son esprit avancer dans ces ténèbres… Elle voit les images que lui provoquent ces sons ça et là… Et elle avance, toujours, toujours… suivant là les pas d’un homme qu’elle imagine vêtu d’un jean et d’un trois-quarts, puis le suit… puis le double et voit son visage… Il est au téléphone… Elle voit bien ses lèvres bouger mais n’entends aucun son sortir de sa bouche… Il a l’air si énervé pourtant… Drôle de sentiment que celui de voir un mime ou un muet au téléphone…. Mais soudain, elle comprend : un autre bruit attire assez fortement son esprit pour l’empêcher d’entendre l’homme : une moto arrive très vite, faisant rugir sa cylindrée ; elle se retourne à son approche et remarque le casque jaune à visière noire du pilote… il file trop vite… il va lui arriver quelque chose, c’est forcé ! On ne peut pas jouer avec la chance impunément comme ça ! Une voiture sur la droite ? Son cœur bat de plus en plus fort… Un enfant sorti de nulle part ? Son cœur se serre… Que sais-je ?... et elle le regarde filer au loin…. Le bruit disparaît et elle craint le prochain qui lui indiquerait le choc… la catastrophe… La mort… Elle marque une pause pour reprendre son souffle… Se tient la poitrine encore toute tremblante de ce mirage… Elle souffre… Elle se retourne à nouveau et ne retrouve pas l’homme au téléphone… Tant pis, il a du rentrer…

 

Elle ouvre péniblement les yeux… elle est chez elle… mais pas tout à fait là où elle s’y attendait… non, elle est allongée sur son canapé… Il y a du monde autour d’elle… ça parle, ça marche… on a allumé la lumière et fermé la fenêtre… Elle essaie de porter ses mains à son visage mais on lui dit de ne pas bouger… Ses mains lui font mal… On les a bandées… Elle voudrait bien parler mais une femme lui fait signe que ce n’est pas grave… Qu’il ne faut pas qu’elle s’inquiète… Qu’elle parlera demain… Elle s’endort peu à peu… Lasse… Fatiguée… Ereintée… Endolorie…

 

Au réveil, une infirmière lui expliqua le peu qu’elle savait : un passant l’avait remarqué à sa fenêtre… Il marchait tranquillement en rentrant du travail lorsqu’il entendit un enfant demander à sa mère ce que faisait la dame du deuxième à sa fenêtre ? Alors il leva la tête et la vit, là, debout derrière la rambarde les yeux fermés… Il l’appela… Elle sembla répondre puisque ses lèvres bougeaient mais aucun son ne se fit entendre… Et il pensa à une tentative de suicide en cours… Alors il appela les secours qui eux, non surpris de n’entendre aucune réponse derrière la porte, durent forcer celle-ci… Mais la surprise fût cependant de devoir lever M afin de pouvoir l’allonger… Enfin… pas que cela… Le plus dure étant de « décrocher » ses mains qui semblaient « fondues » dans le garde-fou… et on envisagea tout, même le plus saugrenu… Tout le monde y  allait de son hypothèse… : chalumeau pour couper la rambarde et l’emporter avec la malheureuse… Un corps gras du genre beurre ou vaseline pour faire glisser les doigts trop serrer… un burin et un marteau pour créer un espace entre la main et le métal… Bref, un peu de tout et surtout un grand rien… puisque tout fut tenté mais en vain… Quelqu’un appela sur le téléphone portable de M. c’était un homme, il voulait la voir ce soir… On lui demanda son lien de parenté avec elle… L’homme paraissait gêné de la question et ne sût répondre qu’un « désolé c’est une erreur »… On essaya même de piquer une main avec un couteau afin de voir si une réaction à la douleur était possible… Mais rien… Toujours rien… Il s’agissait bien d’une statue humaine comme l’avait ainsi surnommée l’enfant 2 heures auparavant… Jusqu’à ce que quelque chose se produise… Comme seule issue… On l’entendait déjà depuis 5 secondes environ… Il s’approchait… Vite… Très vite… malheureusement… Trop vite… Il n’a pas vu le bus sortir de la gare routière… Le bruit stoppa net… le bus aussi… Les mains desserrèrent leur étreinte… Des cris… M tomba à la renverse… Des pleurs… Ses mains se portèrent à son cœur… Et un casque… Jaune… qui traversa le bus et roula telle une toupie au milieu de la route… Un temps qui semblait une éternité… Les mains de M étaient brûlées en leur paume… Celles du motard l’étaient aussi : une fine couche de peau était resté sur les poignées mais on ne savait par quel mystère…

 

Cela faisait maintenant quatre jours qu’elle était là, dans son lit, à n’être alimentée que par sonde… on appelle cela coma… Quatre jours aussi qu’un homme venait prendre de ses nouvelles à la réception… Quatre jours qu’il ne restait pas plus de dix minutes à lui parler dans son sommeil… à lui glisser des mots légers et doux à l’oreille… Mais l’infirmière lui indiqua cependant qu’il semblait étrange… comme malade… Il portait des gants… en cuir noir…et ne touchait pratiquement rien… Etait-ce un ami ? Un parent ? Un amant ? Enfin… Quelqu’un à qui il faudrait dire quelque chose s’il se représente ? Sait-on jamais, s’il venait alors qu’elle serait en examen médical….

M indiqua ne pas se souvenir avoir connu une personne comme celle que l’infirmière lui décrivait… 1m70… pas rare… Bien habillé et très charmant… ça, ça dépend du point de vue de chacun… Cheveux longs et barbe de trois jours… pas rare non plus mais pas son premier choix dans ses possibles relations…. Si tant est que…. Non… décidément… impossible que cela soit une relation très personnelles ou un parent ! Remarquez… oui, c’est ça, lui donner ses effets personnelles, voir si une photo…. Mais… Que pouvaient bien faire son sac à main ici sachant qu’on l’avait emportée de chez elle ? Quoi ? L’inconnu l’a amené lors de sa première visite ?... Et avec un sac de voyage comportant des affaires de rechange ? Pantalon… chemise de nuit… trousse de toilette… dessous… A n’en pas douter cet homme la connaissait…

Mais d’où ?.....

 

On décida cependant pour elle une nouvelle batterie d’examen afin d’étudier un possible traumatisme crânien… ce serait pour le lendemain dans l’après-midi…

Rien dans toutes ses affaires ne permettait à M de mettre un nom ou même un visage sur cet individu… Elle décida donc de laisser, d’attendre et de voir s’il viendrait à nouveau…

 

Et il ne se fit pas attendre…

 

Le lendemain, au retour du scanner, il l’attendait… il était debout devant la fenêtre, dos à l’entrée de la chambre… arrivée allongée sur le lit qu’un infirmier poussait, elle fût tout d’abord surprise par sa stature… 1m70 lui avait dit l’infirmière ? Alors pourquoi en paraissait-il au moins 10 de plus ?

L’infirmier plaqua la tête du lit contre le mur, vérifia le goutte-à-goutte et stabilisa la poche de glucose… M ne savait pourquoi mais elle regardait ses gestes et éprouvait une sorte de hâte à voir l’infirmier partir… Non pas qu’elle espérait beaucoup de se retrouver seule avec l’inconnu… non… Mais sa présence si silencieuse en cet instant la rassurait, la tranquillisait… Elle se sentait petite fille rassurée par la présence masculine de son papa… Etranges pouvoirs que ceux de l’inconscient face à l’acceptation de la présence d’un inconnu dans une chambre de femme presque dénudée… M était surprise de sa propre réaction… Elle qui était par habitude si méfiante par rapport à l’homme et son ego de mâle… mais ça… c’était avant… l’infirmier sortit et ferma la porte derrière lui… mais avant quoi ?

 

« Avant moi » fit l’inconnu sans esquisser le moindre geste…

Elle ne sut que répondre…

« N’ai pas peur… tu n’as rien à craindre de moi… »

« Qui êtes-vous ? »

« Une âme… qui erre… »

« Comment ça ? » s’empressa-t-elle de demander…

« Est-ce qu’il vous arrive de rêver la nuit ? »

« Je… Je suppose, oui, comme tout le monde… ? » Répondit-elle en laissant échapper un petit rire face à l’incongruité de la question… Quel drôle de personnage… Sa voix est douce, posée… Laisse transparaître derrière les mots des pensées plutôt réfléchies… c’est pour cela qu’elle ne le vire pas sur le champs ! Peut-être pourra-t-il lui apporter les explications nécessaires au sujet de la fameuse soirée ?

« Une falaise…, lâcha-t-il, et vous en tombez d’un coup… cela vous fait sursauter et vous vous réveillez dans votre lit… Cela vous est-il déjà arrivé ? »

Elle ne voyait toujours pas son visage mais pouvait tout de même, côté gauche,  voir sa mâchoire, sa pommette et son oreille bouger un peu en fonction du mouvement des lèvres…

« Oui et je pense que tout le monde a déjà dû faire un rêve similaire dans sa vie… Selon certain, il s’agirait ni plus ni moins que d’un trouble du sommeil révélant un manque de confiance en soi ou une peur… et imagé par le cerveau afin d’être compris lorsque l’on repasse de l’état inconscient à l’état de conscient, ou du sommeil à l’état de veille… pourquoi cette question ?» se surprit-elle à demander…

« Sachez qu’il n’en ai rien… je vais m’y prendre autrement pour vous expliquer : est-ce que quelque chose vous a particulièrement marquée lors de la fameuse soirée à la fenêtre ?»

« Vous voulez rire j’espère ?!! S’énerva-t-elle soudainement levant ses deux mains bandées : vous ne trouvez pas bizarre de vous réveillez et d’avoir le sentiment qu’un moment de votre vie, si petit soit-il, vous a échappé ? D’être entouré de personnes qui vous ont secouru alors que vous ne savez même pas contre Quoi ? Contre Qui ? Ni pourquoi ? Ensuite vous vous réveillez à nouveau à l’hôpital et vous apprenez que cela fait plusieurs jours que vous êtes inconscient ? Et malgré tout un inconnu vous a amenez vos affaires… même des plus personnelles ! Alors vous vous dites tout simplement : qui suis-je ? Qui est cet inconnu ? Comment était ma vie avant ? Ai-je tenté de me suicider ? Où est la réalité là-dedans ?

Franchement vous en avez de bonnes vous ! Vous vous foutez de moi oui !... »

« Calme-toi M ! Calme-toi ! » La coupa-t-il.

« Montrez-vous au moins ! Soyez honnête ! Et plus clair surtout ! Répondez d’abord à cette question : comment me connaissez-vous ? Et où avez-vous trouvées mes affaires ?»

Comprenant qu’il ne parviendrait pas à la calmer avec la distance, il se retourna et montra enfin son visage…

Des plus standards pensa-t-elle, mais vraiment, il ne me dit rien du tout

Puis il s’approcha du lit… son pas n’émettait aucun bruit, paraissant très léger donc…

Il pointa le bas du lit de sa main gantée:

« Je peux ? »

C’est à se moment-là que la porte s’ouvrit rapidement et que l’infirmier qui l’avait amener quelques minutes auparavant apparut : 

« Ça va madame ? Je vous ai entendu crier… »

« Oui, très bien… excusez-moi… »

« Le bouton rouge sur votre droite… n’hésitez pas si vous avez besoin… »

« Merci, je tacherais de ne pas crier pour vous appeler » se moqua-t-elle….

L’infirmier répondit par le sourire non moins moqueur de l’homme du corps médicale prit entre son désir de respect de sa propre personne et le fait d’être vraiment blasé des malades forcément égoïstes en ce lieu et que l’on ne parvient plus à plaindre… Il referma la porte…

L’inconnu reprit :

« Je veux dire… quelque chose qui t’a choquée… dans son déroulement dans le temps… »

« Non… je ne me souviens pas… » Dit-elle après avoir réfléchit quelques instants…

« La moto… »

Rien qu’en entendant ces mots, elle sentait son cœur accélérer… tout comme sa respiration…

« Rien de particulier au fait de rêver d’une moto !»

« Non… à première vue, non. En effet, mais si je te dis que tu ne l’a pas rêvée et qu’il s’agit bien de la moto qui a fini sa course dans ce tragique accident avec le bus ? Tu en penses quoi ? »

« Que vous me dérangez ! Je ne comprends décidément rien à tout ça et je ne suis pas certaine que vous puissiez m’aider ! »

L’homme se leva d’un bon :

« Bon, je crois tout bonnement que tu y mets de la mauvaise volonté… Ou alors que tu es vraiment trop cartésienne pour au moins essayez ! »

« Je suis fatiguée ! Vous comprenez ? Fatiguée ! C’est à vous de faire un effort ! Pas à moi ! Je suis victime dans tout ça ne l’oubliez pas !»

N’y tenant plus, l’homme retira vivement son gant de la main gauche, écarta les doigts et lui mis la main à 15 cm des yeux :

« Et ça ! C’est quoi ça ? »

Là, juste sur l’annulaire de cette main inconnue trônait la bague de M. Elle ne comprenait toujours rien… Mais ce qu’elle voyait en cet instant la calmait peu à peu… Oui, c’était bien sa bague… Bijou qu’elle portait toujours à son doigt depuis des années… depuis que son époux était décédé… en mémoire de l’homme qu’elle avait aimée, et qu’elle aimait toujours…

« Rendez-la moi ! »

« Je ne peux pas ! »

« Je porterai plainte ! »

« Inutile, regarde bien : tu ne vois pas que mon doigt est bleu parce que l’étreinte de cette bague est trop forte ? Qu’elle n’est vraisemblablement pas à ma taille ? Que je n’ai en aucun cas pu la « glisser » autour de mon doigt ? Quand bien même je te l’aurais volée, tu penses franchement que je me serais fait ça ? Que je ne l’aurais pas plutôt refourguée au premier brocanteur venu ? Quand au reste de la main, l’absence de peau ne te fait penser à rien ?»

La remarque était juste… il était impossible de passer son gros doigt dans cette bague… Quant à l’aspect de la main… Si, elle avait les mêmes mains… comme brûlées au niveau de la paume et des doigts…

« Comment est-ce possible ? » s’inquiéta-t-elle.

« Je ne peux te l’expliquer qu’en ces quelques termes : lorsque tu m’as demandé tout à l’heure qui j’étais, la première explication qui me vint à l’esprit fut une âme qui erre… la nuit recouvre le monde d’obscurantisme pour la plupart d’entre nous… On dort, on rêve, on cauchemarde et on ne pense plus du tout à autrui… Dans le sens où toutes nos pensées ne sont là que pour nous servir ou nous apprendre quelque chose sur nos envies, nos craintes, nos émotions passées qui ressurgissent telles de simples souvenirs… L’esprit décortique ces informations et nous les édulcore afin que lorsque nous dormons, nous puissions les vivre à nouveau ou d’une autre façon… Nos espoirs transforment nos pensées en rêve, nos craintes et nos peurs en angoisses et cauchemars… Mais, tout ceci se passe à huis clos entre nos deux oreilles, dans notre crâne… Hors, il arrive parfois que notre plus grand désir soit d’échapper à cet enfermement… Ainsi, tu rêveras de toucher un edelweiss… Et l’esprit te donnera le sentiment d’être au sommet de la montagne devant cette fleur : tu auras froid, ce sera très venteux et peut-être même qu’en regardant alentour tu remarqueras que tu es au-dessus des nuages…Alors tu penseras que c'est magnifique, que tu es en un lieu magique et tu essaieras d’avancer un peu… tu glisseras, tu entameras une chute de mil mètres et… sursaut ! Réveil ma grande! La fin du rêve !... »

« Je vois… » Coupa-t-elle.

« Mais au lieu de te laisser choir et te réveiller ainsi… Pourquoi ne pas prendre le contrôle et voler tout simplement ? »

« Parce qu’on ne peut pas intervenir dans un rêve… » Répondit-elle

« Pourquoi ? » questionna-t-il, amusé.

« Parce que ce serait faire montre de choix délibéré et pleinement conscient alors que le sommeil, les rêves… Tout ça n’est dirigé que par l’inconscient…. Non ?»

« Et c’est justement là une grossière erreur… Ce que l’on nomme l’inconscient, n’est autre que le reflet de nous même, dans notre aspect non physique… la juste représentation de notre âme… »

« Et alors ? »

« Alors, cela veut dire que sans la contrainte du corps… tout est possible… »

« Et ça devrait suffire pour m’apprendre à voler comme un oiseau ? » ironisa-t-elle.

« Oui, et je t’en prie, ne te fous pas de moi… »

« Arrêtez de me tutoyer ! Volez donc devant moi et peut-être que je vous prendrais au sérieux ! »

Il soupira.

« Allez-y, ouvrez la fenêtre et sautez! Mais je suis encore assez lucide pour ne pas vous suivre! »

Il devenait plus nerveux :

« Ok… Tu ne me crois pas ? »

« Je vais vous demander de me laisser… Vous perdez votre temps ici…. »

Il ne la lâchait pas des yeux et d’un ton des plus calmes dit :

« Ton sac… »

« Quoi mon sac ? »

« Crois-tu que j’aurais pu trouver tes affaires si je ne te connaissais pas un minimum ? »

« Peut-être avez-vous fouillé partout dans mon petit 2 pièces… On en a vite fait le tour ! Peut-être donc je porterai plainte contre vous !»

A n'en pas douter elle se voulait rageuse et comptait bien le lui faire sentir...

« Je peux t’assurer que ce ne sera pas nécessaire… pose moi une question sur l’endroit où tu ranges tel ou tel objet et je te répondrais ! »

Là, il commençait à s’amuser ; une sorte de duel qu’il se voyait gagner…

Elle, se supposant malgré tout seule maîtresse en sa demeure se prit au jeu et se mit à réfléchir afin de ne pas donner d’objet trop facilement localisable…. Et en même temps quelque chose qui passeraît facilement pour anodin, que l'on ne remarque pas... 

« Ok… attendez… laissez-moi réfléchir… toute sorte d’objet quelque soit sa taille ? »

« Oui, n’hésite pas …»

Regardant à nouveau la main blessée de l’homme, elle eut un sourire en pensant à un objet quasi-introuvable et proposa : 

« Dé à coudre ?»

Il fit mine de réfléchir à son tour et sentant la jubilation l’envahir, esquissa un large sourire à son tour et indiqua :

« Cela dépend… tu veux savoir où il est actuellement ou simplement son emplacement avant mardi dernier ? »

M. était blême… en effet, elle l’avait changé de place mardi dernier… Soit elle avait affaire à un maniaque qui la surveillait, avec des jumelles par exemples, soit un pseudo médium qui pensait avoir trouvé une mine d’or en elle… elle poussa plus loin :

« Les deux… »

« Dans ta table de nuit jusqu’à mardi soir, ensuite sur l’étagère de la salle de bain dans un écrin de velours bleu… Il te vient tout droit de ton arrière-grand-mère, couturière de métier… »

Soufflée la belle ! Là, il l’avait touchée en plein cœur… Pas de doute il était forcément passé chez elle puisque la salle de bain n’est pas une pièce visible de l’extérieur… On oublie l’hypothèse des jumelles… Par contre, la thèse du maniaque tient toujours et même d’autant plus que cet homme à fouillé sa vie !... Parcourue par un sentiment de viol tel celui que ressent généralement une personne dont les biens ont été cambriolés, fouillés, souillés par autrui, et l'idée  d’absence d’intimité, une larme coula le long de sa joue…. Elle ne comprenait pas ce qui se passait… Elle avait le sentiment que sa propre vie n’était plus… Plus rien… Si cet homme savait même l’origine de ce simple dé à coudre… Que pouvait-il bien savoir d’autre ?... Peut-être même a-t-il une clef de son appart ? Peut-être est-il passé plusieurs fois sans qu’elle ne s’en rende compte ? Mais depuis quand ? 1 an ? 2 ans ? Plus encore ?

« Pourquoi moi ? » Lui implora-t-elle, convaincue que cet homme allait lui faire du mal…

« Le hasard… puis l’amour… »

« Je vais vous poser une question et j’aimerai que vous soyez franc… Vous semblez tout savoir sur moi, ma vie… Et maintenant que j’en ai conscience vous devriez pouvoir être franc… « 

« Vas-y… »

« Avez-vous une clef de mon appartement ? »

« Non… je peux t'assurer que je n’en dispose pas… Que je n’en ai vraiment pas besoin… »

« Mais… le sac… vous avez fait comment pour… »

« … Ta porte a été cassée par les pompiers… j’y suis passé en fin de soirée, après le départ de tout le monde, pendant que le serrurier remettait une serrure neuve et donne la clef à ton voisin de palier… Je me suis fait passer pour un cousin… appelé par la police… »

Elle avait besoin de se reposer… Il semblait encore plus machiavélique qu'elle ne le craignait... elle se sentait lasse devant tant de paroles si étranges et en même temps si bien ficelées… Le sentiment que sa vie était devenue soudainement une sorte de vaisseau fantôme ou bateau ivre… Ne pouvant plus le diriger sainement… Elle qui n’avait rien demandé à personne, qui menait sa petite existence tranquillement… Dans un quotidien qu’elle pensait maîtriser et gérer comme elle l’entendait… Et voilà que cet inconnu apparaît et montre qu’il la connaît… Et que peut-être il la maîtrisait… Elle… Sa vie... Elle regarda l’homme dans les yeux et poussa un soupire dont le souffle agita sa frange sur son front… elle demanda, inquiète, comme un condamné demande à son bourreau :

« Et maintenant ?... »

Il haussa les épaules… Et, souriant toujours, lui dit :

« Viens… »

« Où ça ? »

Levant sa main et montrant la bague :

« Reprendre ton bien par exemple… ce serait un bon début… »

Elle acquiesça d’un mouvement de tête :

« Comment ? »

Il hésita un peu...

« Lorsque tu sortiras d'ici, je serais là et je te montrerais... Mais je te demanderais quelque chose en échange... »
Comment ose-t-il demander quelque chose?

« Pensez-vous être vraiment en position de me demander quoi que ce soit? »

Il ne répondit pas... Dirigea son regard vers le corps tout entier de M. dans le lit...

S'en était trop, elle ne pouvait pas en rester là...

« Je veux dire: vous ne pensez pas m'en avoir déjà trop fait? Trop pris? Trop volé? »

Il se leva, se rapprocha d'elle...

Une crainte se fraya un chemin dans l'esprit de la jeune femme: elle rapprocha ses deux bras de son visage en signe de protection... Il lui déposa un baiser sur le front... Elle eut un sursaut d'étonnement... Elle était parcourue d'étranges sensations qui la poussaient au plus profond d'elle même a se sentir... Sereine en fin de compte... Calme... Apaisée malgré toutes les incertitudes aux sujets de l'inconnu, de sa façon bien particulière d'entrer dans sa vie, de la provoquer... En maintenant le tutoiement par exemple...

Juste le temps pour elle d'émettre ses quelques pensées que l'inconnu avait déjà disparu... Quelque part, dans son esprit, elle s'en voulait d'avoir été un peu rustre dans leurs échanges... Elle qui le vouvoyait, qui ne connaissait même pas son nom, qui ne l'avait même pas vu partir... Et qui, à regret, se rend compte qu'elle aurait peut-être aimé lui dire... "Tu"...

 

Manteau Nocturne... Partie 2 - Vivre Enfin...

 

1er Février 2008, 14h21. Enfin, elle sort!

3 jours qu'il n'était pas venu, 3 jours de doute pour elle... L'avait-elle rêvé? Imaginé? Les médecins vous inoculent tellement de produits! Un véritable dopage contrôlé et, qui plus est: autorisé!

Première envie pour elle: rentrer!

 

Son voisin, aimable quinquagénaire, était venu la voir il y avait de cela 2 jours pour lui amener sa nouvelle clef d'appartement... Comment allait-elle retrouver les lieux?... Certainement des traces de la fameuse soirée? Des objets peut-être disparus? Spoliés par...? Tiens, comment l'appeler?... Qu'importe... Peut-être reviendra-t-il? Peut-être pas... Et peut-être n'est-il pas, tout simplement...
Elle fut surprise, mais oui, c'était bien cela qu'elle sentait en imaginant avoir rêvé cet homme: de la tristesse, de la solitude, de la peur même...

 

Mais à peine eut-elle réintégré son appartement que quelqu'un frappa à sa porte. Et c'est le cœur battant la chamade qu'elle demanda de derrière la porte:

« Qui est-ce? »

Il se surprit à penser "c'est l'plombier" comme dans un sketch populaire et c'est donc dans un éclat de rire qu'il dit:

« Une âme qui erre »

Elle hésita, se retourna plusieurs fois derrière la porte: ouvrir signifiait "je t'attendais". L'inverse l'empêcherait tout simplement de savoir pourquoi cet homme, inconnu qu'elle n'aurait même pas remarqué dans la rue jusqu'alors, lui avait manqué ces 3 derniers jours... Qu'avait-il qui la poussait inexorablement vers lui? Qu'est ce qui le rendait si... Nécessaire... Alors qu'elle s'était toujours arrangée pour ne jamais avoir besoin de personne depuis qu'elle était... Seule? Si seule... En fait...

Elle déverrouilla la porte et ouvrit:

« Rentre... » fut le seul mot. Ce tutoiement soudain provoqua un sourire à l'homme... Elle s'était déjà retournée et se dirigeait donc vers le salon...

« Appelle-moi S. » lui dit-il en refermant la porte.

« Excuses-moi mais je vais prendre une douche, dans le bar tu trouveras à boire, sers-toi, j'en ai pour 10 minutes..."

Ainsi, elle avait décidé de prendre les devants, pensant ainsi le déstabiliser au point que lui-même finisse par douter... Mais... Elle ne le connaissait pas... Du moins: pas comme lui prétendait la connaître...

Il se dirigea donc vers le salon et, connaissant déjà les lieux, n'hésita pas pour se servir un whisky... Elle, cachée derrière sa porte de chambre, scrutait le moindre de ses gestes: à n'en pas douter il connaissait les lieux, les rangements, ainsi que l'emplacement où elle rangeait les verres: à aucun moment il n'a douté... Il a tout trouvé! Lorsqu'il fut assis dans le canapé avec son verre, elle  se retourna et fila dans salle de bain.

 

Lui, il entendait l'eau couler, et se demandait surtout pourquoi l'avait-elle accueillit de la sorte: Tutoiement, sympathie apparente et... Confiance? Oui, c'était cela: là, voilà techniquement nue à quelques mètres de lui dont elle ne savait rien... Confiance... Et rien depuis leur dernière entrevue à l'hôpital ne pouvait expliquer ce revirement! Son doigt le faisait toujours souffrir mais il était excité à l’idée que serait bientôt terminé… Bientôt il n’aurait plus cette bague et il pourrait récupérer son doigt. Avec un peu de chance la gangrène n’aura pas eu le temps de s’inviter…

 

Elle, enfin sous la douche, profitait pleinement des bienfaits de l’eau chaud coulant sur ses épaules, son dos, son ventre…. La poire posée au mur… Ses deux mains appuyées au mur… Une sensation de bien-être qu’elle n’avait pas ressentie depuis plus d’une semaine… Depuis son départ forcé pour l’hôpital en fait…. Se lavant les cheveux, les yeux fermés dirigés vers le plafond, elle pensait à tout ça : la soirée, les mains brûlées, l’homme, la moto, la bague, l’hosto, et tout ça, elle ne le comprenait pas… Non décidément, elle ne comprenait pourquoi d’un coup sa vie semblait prendre un virage ou un chemin détourné en lui laissant le goût amer qu’elle ne contrôlait plus rien… Et d’un autre côté, cette amertume se transformait en velours à la simple idée que pour la première fois depuis bien longtemps, elle ne dirigeait justement plus… Et se dire que l’on n’a pas toujours besoin de décider pour tout… Cette sorte de relâche dans le quotidien… Mais, elle se dit qu’elle eu préférer que cela ne se passe pas avec un homme dont elle ne connaissait absolument rien… Qu’elle ne pouvait pas se laisser aller ainsi… Non il fallait qu’elle essaie au moins de savoir qui il était ! C’était une obligation !

 

Toutes ces pensées opposées… Tous ces brouillons qui se mélangeaient dans sa tête… Cela devenait trop compliqué… Encore… Encore de l’incompréhension en perspective… Elle ne sentit pas venir la bouffée de chaleur… L’eau lui donner une sensation de froid…

Lui parcourir les reins et provoquer des frissons… Ne se vit pas partir en arrière…

 

Le bruit fit sursauté S. qui se leva prestement et accourut dans la salle de bain… Le spectacle qui l’attendait l’ennuya quelque peu : une femme nue recouverte d’un rideau de douche, le tout arrosé par la poire de douche… Il arrêta l’eau, poussa le tissu et la tringle… Puis attrapa une grande serviette dans le placard qu’il disposa bien à plat sur le lit. Il retourna dans la salle de bain et attrapa M à bras le corps, la souleva et la déposa sur la serviette, et s’aida d’une autre serviette pour l’essuyer après s'être assuré qu'elle respirait, que sa tête n'avait pas souffert d'un coup violent. Visiblement elle était tout simplement endormie. Jamais auparavant il n’avait fait cela à une femme. Il n’avait jamais été confronté à une femme évanouie et trempée de surcroît…

 

Mais elle, il le comprit notamment en jugeant ses propres mouvements, il la respectait. Bien sur, avec ses yeux d'homme, il la considéra à maintes reprises. Mais plutôt que d'être poussé par une pulsion qui l'aurait mené tout droit en un point de non-retour; plutôt que de trop regarder cette belle tentation que représentait un peu ce corps si juste, si équilibré dans ses formes, il tira la serviette de dessous ainsi que couverture dont il se servit afin de la couvrir... Il ne voulait pas qu'elle ait froid...

Puis il s'allongea à côté d'elle, lui glissa doucement à l'oreille:

« ça y est, nous y sommes enfin, laisse toi faire. »

 

Elle avait le sentiment d'être une fumée, un gaz. Retourne-toi et regarde... Elle s'exécuta sans savoir par quel moyen elle y parvenait. Toute la chambre pivota autour d'elle et le lit passa devant elle. Elle s'y voyait, allongée et couverte de la couverture sur laquelle S était allongé aussi. Comment ai-je atterrit ici, sur le lit? Je n'étais pas plutôt en train de me doucher? Elle avait pensé ces quelques mots et ils semblaient résonner autour d'elle et devenir ainsi audibles. Si mais tu t'es effondrée, je t'ai relevée et menée sur ton lit.

Comme un éclair la pensée suivante fusa: et?

Elle entendit un rire: Non, ne t'inquiète pas. Viens. Suis-moi. La pièce commença à bouger. Attends! Réponds moi: suis-je morte? Elle ne savait pas si la réponse devait l’inquiéter ou non, elle se trouvait un air si paisible allongée sur le lit sans bouger… Non, ne t’inquiète pas, tu es bel et bien vivante mais tu es juste une… âme qui erre… Comme j’aime à le dire…puis il tira sur sa main pour l’attirer vers elle… Du moins… sur sa « vapeur » de main puisque rien de réellement physique dans cet état…Où m’emmènes-tu ?pensa-t-elle à son attention. Viens, je veux que tu sentes et comprennes vraiment tout l’étendue de ce qui se passe actuellement et qui fait que je peux réellement prétendre te connaître sans pour autant avoir fait quelque acte que ce soit à ton encontre…saches que sur ce lit je n’ai profité ni de ta nudité ni de ta fragilité…

 

Cette mise au point faite, ils se regardèrent un bon moment là, en l’air, à un mètre du pied de lit… Ils se sourirent mutuellement et ne pensèrent rien qui de facto aurait été ressentit par l’autre… Lui se sentait heureux… Elle…. Surprise de son propre calme mais elle se devait de demander : Est-ce que je suis en train de rêver ? Point important pour lui aussi, il se devait donc de lui apporter quelques explications : non mais beaucoup de gens qui vivent cela le ressentent une fois réveillés comme un rêve… C’est le fameux exemple de la falaise et de la chute qui fait sursauter… Mais, ce n’est ni du paranormal, ni un don… Tout le monde l’a et très peu de personnes l’utilisent… Elle commençait à le trouver charmant dans ces explications, il semblait prendre tout son temps et surtout choisir les bons mots pour qu’elle puisse le comprendre sans crainte, sans hésitations… Et ça commence comment ? Je veux dire comment cela se produit ? La première fois… c’est toujours comme ça ? Un initié et un non-initié ? Il sourit : Non, toi c’est encore un peu plus particulier, viens avec moi je t’expliquerais en chemin…Tiens fais comme moi…

 

Il la lâcha, et s’avança doucement très près du mur… puis le traversa… Elle était éberluée et restait bouche bée devant ce qu’elle venait de voir… Et comble de surprise, il apparut ensuite dehors, juste derrière la fenêtre. Il lui faisait signe d’avancer. Et pour vraiment la pousser il passa son visage au travers de la fenêtre et lui faisant un clin d’œil, lui dit : Aller, viens ! Devant la posture plutôt étrange de cet homme, la tête dans l’appartement et le corps à l’extérieur, elle eut le sentiment d’éclater de rire… elle avança à son tour et sentit un léger ralentissement en traversant le mur… Voilà monsieur ! Content ? dit-elle sur le ton de l’humour. Oui ! Très ! Tu sembles en vouloir et c’est parfait mais…un conseil… ne regarde pas en bas… sous tes pieds !

Et comme de bien entendu, comme à chaque fois que l’on fait ce genre de recommandation à quelqu’un, cette personne s’acharne toujours à faire le contraire ! Elle baissa la tête… Hoooooooo ! Mon  dieu ! Mon dieu ! Mon dieu ! Mais c’est quoi ce truc ! Mon dieu ! Il éclata de rire devant la mine défaite de M. qui visiblement n’éprouvait aucun plaisir à se tenir debout dans le vide, du haut de deux étages…. Mais vient là, aide-moi ! Ne reste pas planté là ! Je fais quoi là moi maintenant ? Il n’en pouvait plus et avait l’impression que des larmes de rire allaient monter à ses yeux… Te fou pas de moi…allez !  Aide-moi plutôt… Il s’approcha d’elle : J’arrive ! J’arrive ! Et l’attrapant par la main : Madame à appeler le service d’étages ? Puis il passa derrière elle : main gauche sur main gauche, la droite sur la droite… Et il traversa son corps d’arrière en avant… Elle sentit un grand frisson de bonheur…à la limite de l’indescriptible… Jamais ressentit de pareille auparavant… C’était quoi ça ? demanda-t-elle. Rien… Je t’ai juste rendu ton bien…Elle regarda sa main et eu envie de pleurer en voyant la bague ainsi revenue… Tu me suis toujours ? Elle acquiesça de la tête… Alors prépare-toi à vivre de très grandes choses… Pour avancer, te diriger, tu n’as qu’à regarder la direction et penser que tu te trouves à côté de l’objet que tu vois… Mais avant j’aimerais éclaircir quelque chose… Ce que l’on fait là n’est tout de même pas sans danger… Tu l’auras compris tu n’as plus ton enveloppe charnelle, et donc ne reste de toi que ce que tu es maintenant : un vapeur ayant tout de même la forme de ton corps habituel, un fantôme en quelque sorte. Hors, pendant ce temps, ton corps lui reste allongé dans ta chambre…Les dangers dont il faut savoir se prémunir sont nombreux : Espérons qu’il n’y aura pas le feu dans ton appartement pendant que nous vadrouillerons…Le corps ressent toujours ce qui lui arrive… Ensuite lors du retour il faudra être très vigilent : si toi en tant que vapeur tu ne réintègres pas parfaitement ton enveloppe, tu iras droit à une sorte de crise identitaire qui commencera au réveil par un énorme mal de crâne puisque ta tête ne sera pas en phase avec elle-même…Il lui faudra alors un peu de temps pour que le réajustement s’opère… Enfin, lorsque je t’ai traversée il y a quelque secondes nous avons couru un grand risque tel que brûlure sur le corps physique lorsque nous le réintègrerons… C’est d’ailleurs parce que j’avais voulu te réveiller en te traversant l’autre soir que la bague a changé de corps et surtout que cela nous a provoqué ces brûlures aux mains… Cela se produit parfois quand l’un des deux vit une forte émotion ce qui a pour effet de rendre son fantôme moins vaporeux, un peu plus épais et que l’autre le traverse pendant cette transformation… Cela a pour effet de créer une sorte de frottement… Et cela laisse des traces qui ne sont visibles qu’une fois avoir retrouver son corps… Et enfin, pour finir : pas de voyage de plus d’une heure parce que la nature à des droits : si ton corps a un besoin naturel à assouvir, il te le fera sentir très violement puisque tu l’intégreras trop vite pour que cela soit bien fait et ton corps ne seras que douleur sur le moment ! Est-ce que c’est bon ? Tu as tout compris ? Nous pouvons continuer ? Elle comprenait tout et l’écoutait afin de ne rien manquer qui puisse compromettre ce qu’elle vivait…

 

Elle acquiesça à nouveau et il pensa : Alors allons-y ! Suis moi ! Et ne t’inquiètes pas, pour les gens tu es invisible. Tu te souviens de l’homme au portable ? En fait c’était l’infirmier dans ton appartement. Tu ne peux entendre les gens parler mais par contre tu entends bien les bruits. Ça, c’est un mystère auquel je ne pourrais répondre mais tu verras, on s’y fait très vite… Ca aussi elle le comprit très bien : certaines choses nous échappent toujours ! Mais cela provoqua un rappel de la soirée dans sa mémoire et elle demanda : Au fait, au sujet de l’autre soir, pourquoi ai-je le sentiment que tout était désordonné dans ma tête ? Pourquoi ai-je l’impression, ou du moins, le souvenir d’avoir vu l’homme au portable avant le motard alors que dans les faits on me présente l’accident du motard comme étant antérieur à l’infirmier qui discutait au téléphone? Il l’attira à elle une fois de plus : Il est peut-être temps que tu saches pourquoi je te connais si bien. En fait M., cela fait trois ans que toutes les nuits je vole, que je me promène. Je connais très bien les appartements de près de mil personnes dans le quartier. Mais toi, tu m’as, disons… Ensorcelé ? Oui, c’est ça : tu m’as ensorcelé et je t’ai plus vue que les autres… Disons que je t'ai regardée de près tous les soirs depuis 2 ans...  Je tt'ai vue habillée, nue, malade, en soirée, seule, avec un amant, un parent... Bref, je t'ai vécue... Et j'ai eu envie... Enfin... En ce qui concerne l’autre soir… j’ai provoqué ton corps pour qu’il laisse échapper ton âme quelques instants… Afin que je t’attire dans ce savoir… Mais, malheureusement pas préparée ni consciente de cette possibilité, ton corps a rejeté violement ce concept de séparation… Et cela s’est donc mal passé… Du coup, ton esprit t’a joué des tours parce qu’il était pris entre le fait de rejeter ce premier voyage hors de ton corps et ce que tu as vu pendant ce moment… Aussi, en toi, tout cela a été transformé en mauvais rêve et la chronologie en a été modifié en fonction de ce qui t’a le plus marquée… Voilà…

 

Elle comprenait à ces mots que c’était lui qui avait provoqué tout ça… Mais, au plus profond d’elle-même elle ne pouvait lui en vouloir réellement… Elle se rapprocha de lui et déposa un baiser sur ce qui lui semblait être l’emplacement des lèvres… Elle savait maintenant… elle avait compris… qu’il était peut-être temps pour elle aujourd’hui d’envisager la vie autrement que seule entre ces quatre murs… L’amour d’une personne a ce don de vous apprendre vos propres attentes, vos propres envies… Votre propre existence… Et ce S., si banal si elle l’avait simplement croisé dans la rue venait de lui provoquer un raz de marée d’un genre nouveau dans sa tête, son corps, son cœur… Et elle ne s’en défendrait pas… Bien au contraire… Elle lui tendit la main et lâcha : Emmène-moi ! Loin ! Emmène-moi où tu veux… Mais s’il te plait, une fois débarquée chez moi… reste un peu…

 

Et il l’emmena, loin, très loin : Il survolèrent la ville de M., traversèrent de nombreux appartements et rirent beaucoup lorsqu’ils se trouvèrent parfois devant une démonstration d’ordre privée de l’amour qu’un corps donne à un autre… Puis ils partirent un peu vers le Nord, et ne mirent qu’une dizaine de minutes pour se trouver en Alaska… La blancheur des lieux… le calme… Les traces des traîneaux dans la neige… Puis plus au Sud, bien plus : au Pérou… La Cordillère des Andes… suivie jusqu’à l’extrême sud du continent…

 

Elle le savait… elle était vraiment heureuse…

Elle le savait : Rien ne les empêcherait vraiment de faire ces virées nocturnes tous les jours…

Sauf peut-être… En une occasion… Lorsqu’elle attendra un enfant de lui…

Mais elle l’assure… un jour prochain ils passeront vous voir…

 

 

Et... qui sait ?....

 

 

Il est probable même... qu'à l'heure ou vous me lisez, ils soient juste derrière vous...

 

 

 

(22 avril 2008... la nuit est tombée... Pleasure95 voyage et peut-être vous emmène-t-il?...)

February 01

Faites moi plaisir s'il vous plaît...

 
Vous qui passez par ici,
s'il vous plaît,
regardez par vos fenêtres,
et raccontez-moi en commentaire,
ce que vous voyez...
vos impressions à cette vue...
 
Peut-être me permettrais-je d'en tirer
l'inspiration d'un nouveau texte ?...
 
Merci d'avance...
 
 
(pleasure95... qui ne demande qu'à voir à travers vos yeux... 1er Février 2008)
January 29

La peluche du tableau de bord (souvent femme varie...)

 

Le temps s’écoule…. 15 minutes qu’elle est là… déjà…

Il pleut à torrent. Dans sa voiture, à écouter la pluie tomber sur le toit et le pare-brise, elle attend que l’orage passe…

Son regard se porte sur les gens qui courent dehors, puis, machinalement elle se regarde dans le rétroviseur intérieur : ses cheveux ? Bof, mais ça ira… une main passe sur une oreille puis sur l’autre afin de canaliser les quelques touffes rebelles. Puis elle regarde ses dents : rien de trop voyant genre salade ou pain… non, ça peut aller aussi… Elle replonge ses yeux sur sa montre : 18 minutes… pff….

Que faire ? Tiens : regarder dans la boite à gants, toujours un papier qui traîne dans cette endroit…

Sa main s’approche de la fameuse boite lorsque son regard croise celui de sa peluche posée sur la tableau de bord coté passager… Et son ennui s’arrête… Elle décide de prendre la peluche à pleine main et de la poser sur ses genoux… de la caresser… Certes, elle y a pensé parfois : 25 ans et une peluche adorée… la honte non ?

En fait, non ! Elle se fout de ce que l’on pourrait penser d’elle à la voir ainsi… Elle regarde son « Jeannot Lapin » dans ses mains et sourit de bien-être…

Elle la détend, la rassure même… la tranquillise… Une façon de combler un manque qu’elle assimile à son enfance : la douceur… Elle pense se connaître et sait que ce manque ressurgit doucement parfois… Elle le sait : son enfance a été sujette à quelques déboires familiaux comme dans beaucoup de familles mais elle a conscience que son père biologique lui manque terriblement depuis qu’elle en a été séparée. Il est clair qu’elle ne peut jeter la pierre à son « père de cœur », celui qui l’a élevée avec sa mère, parce qu’il a toujours fait de son mieux mais les gênes sont là, en elle, et parfois indiquent une crise identitaire qui se soumet à son jugement par un « pourquoi moi ? » ou « qu’ai-je fait pour qu’il ne prenne jamais de mes nouvelles ? »

Et puis… ça passe….

Enfin…

Presque…

 

Presque parce que la voilà seule au volant de sa voiture, caressant une peluche blanche et la collant à son ventre… Ventre qui depuis quelques mois a pris de l’ampleur… Parce qu’elle va bientôt être maman et que beaucoup de choses tournent dans sa tête…

Des choses pas très constructives mais pas forcément néfastes à son développement de maman en devenir : Non, elle sait qu’elle avancera quoi qu’il advienne mais se pose de nombreuses questions…

 

Elle le reconnaît volontiers, quelques mois avant d’être enceinte elle a eu une aventure avec un homme qui a su s’inscrire dans son corps en amant et qui en fin de compte s’est conduit pitoyablement dans le sens où il a visiblement préférer fuir la responsabilité d’une liaison cachée se transformant en amour véritable… Cet homme-là comblait certains manques affectifs par des gestes doux et des paroles sereines… Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui si ce n’est une forme de regret et d’autres questions induites : s’il m’a quittée, c’est que visiblement je n’en valait pas le coup ? Si j’ai succombée à sa personne, est-ce que ce qui me rattachait au père de l’enfant que je porte en valait le coup ?

Elle ne se fait pas d'illusion... non... Elle se rend compte que c'est son amour propre qui a eu mal de se voir rejetée ainsi... Parce que les rendez-vous avec ce gars lui apportaient plus la saveur d'une certaine liberté que celle d'être aimée vraiment... Que ce n'est pas spécialement la perte de la personne qui lui a fait tant de mal... Mais la rupture soudaine de cette idée d'interdit bravé... de liberté du jardin secret...

 

Un éclair zèbre le ciel…

Un coup de tonnerre…

 

Aujourd’hui, de toute façon, il faut avancer coûte que coûte… Avec l’enfant… Avec le papa… Mais l’ai-je vraiment décidé?

 

Et puis, il y a l’Autre aussi… le véritable jardin que l'on désire secret... Celui-là même qui me témoigne de beaucoup d’affection depuis toujours… Dans la discrétion... Il semble bien me connaître ou, du moins, faire l'effort d'apprendre et de comprendre qui je suis... Bref... Je ne lui ai jamais dit "je t'aime" ou "tu me manques"... Pourquoi? Est-ce vraiment un ami ou est-ce que j’ai tronqué le jeu de la séduction qu’il y avait entre nous afin de ne pas… succomber au risque qu’il représentait vraiment? Bref... J’en ai marre…. Ainsi, n’ai-je pas été dévorée par l’envie d’être conquise par une histoire de coeur autre que celle de mon couple mais juste par un gars avec lequel je savais que c’était « sans risque » ???

 

Je ne sais pas… Je ne sais plus… je ne veux pas savoir !

 

Vous êtes tellement compliqués vous les mecs !

De toute façon, maintenant, le deuxième est pris et le premier a disparu…

Pourrais-je dorénavant garder l’équilibre ?

Sans jamais plus tomber dans des bras qui se proposeraient de m’apporter douceur et compréhension juste de temps en temps ? Une personne qui comprendrait que j’éprouve un manque au plus profond de moi, depuis toujours, que le quotidien ne change pas ? Qui saurait me voir en tant que maman dans un couple qui veut se montrer « stable » aux yeux de tous ? Qui comprendrait que j’ai une grande facilité à m’ennuyer ou à partir dans la mélancolie dès que je me retrouve seule ?

Quelqu’un qui saurait m’aimer discrètement et me laisser l’aimer à ma façon ?

 

Bref… Quelqu’un qui ne saurait vraiment voir que moi lorsqu’il me regarde…

 

La pluie a cessé…

Elle décide de sortir de la voiture… 35 minutes déjà…

Elle rencontre un voisin d’âge très avancé…

 

« Bonjour ! Vous allez bien ma p’tite dame ? »

« Très bien merci ! Et vous ? »

« Oh… Vous savez… à mon âge… la pluie, les rhumatismes… On n’attend plus qu’une chose…»

« Bah, faut pas dire ça monsieur! Du moment que l’on se sent jeune dans sa tête! Le reste suit !»

« Oh bah vous êtes bien mignonne ma p’tite dame mais le temps passe et je ne peux malheureusement plus prétendre être l’athlète d’autrefois ! Même si je voulais, les femmes ne voudraient plus ! Fallait profiter quand j’étais jeune ! Sur ce, bonne soirée!»

 

Ils n’ont fait que se croiser mais… Les paroles du vieil homme sont là et résonnent autour d’elle…

 

Tiens… Et si je prenais des nouvelles de mon ami ?...

 

 

 

(pleasure95… Souvent Femme varie, bien fou qui s'y fie... 29 Janvier 2008)

January 04

L'écologie selon moi...

 

L’écologie… ça, c’est un sujet qui plaît… Actuellement, on ne peut vraiment pas dire le contraire: l’écologie a le vent en poupe et tout porte à croire que ça va durer encore quelques décennies…

 

Il est certain que le principe même de l’écologie est des plus louables et pourrait se traduire par « la science de la préservation de l’écosystème »…

Mais, il est un autre sujet notable qui lui ne permet pas d’avancer sereinement dans ce processus : l’économie…

 

Eh oui, nous sommes pieds et poings liés par le système monétaire et, de ce fait, toute décision écologique doit être jugée par son aspect économique…

Ainsi, on comprend mieux pourquoi les changements sociaux et culturels liés à l’écologie vont forcément prendre des décennies… Non pas parce que les gens mettront du temps à changer leurs habitudes mais tout simplement parce qu’un arbre, financièrement parlant, ne rapporte rien à ceux qui auront pu investir…

 

Collons-nous déjà cette idée en tête : 95% des richesses de ce monde sont détenues par 5% de la population mondiale… Ceux qui investissent dans des sociétés, des labels, des « savoir-faire » ne le font qu’après Etudes de marchés et les fameux « Retours sur investissements estimés ». Ce retour sur investissements est donc prévu, escompté, espéré… on lui assigne un chiffre : 5, 10, 15%....etc.… Le problème est principalement le suivant : si j’investis alors que l’on m’a « promis » 15% de gains en retour… Si je ne perçois que 13,5% alors j’investirais ailleurs et ce, même si ce gain démontre que la société est bénéficiaire et saine… Tout ça parce que j’aurais perdu ces 1.5% par rapport aux prévisions… les salariés ? Peu importe moi je veux mes sous, mes actifs, mes fonds !

 

Rien qu’avec cette idée : pouvez-vous me dire qui voudrait bien investir dans un arbre qui ne rapporte rien ?

 

Les énergies nouvelles et renouvelables me direz-vous sont des créneaux hyper porteur….

Oui, mais les mettre en place demande énormément d’investissement et ne sont donc intrinsèquement rentables qu’à long terme… Les « traiders » se font la course sur un rapport très simple : Gain Maximum / Court Terme…

 

De plus, il ne faut pas le négliger, l’écologie semble fonctionner étrangement parce qu’au yeux du publique ce n’est qu’un parti politique comme un autre…

 

Parlons des Eoliennes : c’est bien, ça ne pollue pas et ça bénéficie d’une source inépuisable : le vent. Mais certains écologistes sont contre par ce que ça dénature le paysage…

Pourquoi l’Etat ne prend-il pas en charge un programme qui permettrait l’installation de petites éoliennes sur les nouveaux bâtiments construit en milieu urbain ? Cela permettrait entre autre de subvenir quelque peu au besoin en électricité desdites constructions…. Et le paysage est déjà dénaturé…

 

Les cellules photo-électriques…. Même topo qu’en ce qui concerne le sujet précédent :

Les réverbères, les panneaux lumineux, les horodateurs ? Je n’en vois pas beaucoup qui fonctionnent à l’énergie solaire…. Pourtant je rêve de voir une ville dont les équipements publics seraient tous pourvus de ce type d’alimentation…

Je vois bien quelques bornes d’urgence sur les autoroutes mais… c’est peu à mon goût…

 

En fait, je pense que l’Etat s’y prend très mal en matière d’Ecologie parce qu’il attend que cela vienne de vous, de moi, de nos maigres deniers : ainsi, comme par hasard on commence à voir apparaître sur nos routes des véhicules dits « hybrides » dont je cacherai les noms mais qui à n’en pas douter n’ont pas été subventionnés par les finances nationales…

 

Dans Paris, on nous a affublé de « voie de bus infranchissables »… ça n’a en aucun cas permis de fluidifier la circulation en centre ville… pourtant, entre le véhicule qui roule à 50 Km/h pendant 10 minutes et celui qui reste bloqué au point mort pendant la même durée, je préfère celui qui roule parce que de toute façon celui qui est bloqué restera en circulation plus longtemps attendu qu’il devra de toute façon terminer sa course… Donc, il pollue une première fois à l’arrêt et une seconde fois pour arriver à destination…

 

Une chose qui me surprend aussi : très peu de « parking public » sont détenus par l’Etat… Tous ou presque sont des concessions et ont des tarifs prohibitifs au point qu’il coûte souvent moins cher de rouler… C’est une aberration en soi certes mais elle est. Dans le cœur de Paris, se garer en un tel lieu coûte entre 2.40 Euros et 4.00 Euros pour 1 heure. Le prix moyen de l’Essence et du Diesel tourne aux alentours de 1.25 Euros… La vitesse moyenne sur Paris/Région Parisienne est de 26 à 28 Km/h… Ainsi, tenant compte d’un véhicule consommant 6,5 litres/100 Kms en cycle urbain, en 1 heure de route j’aurais dépensé 6.5 L.x 1.25 E. x 27 Km/h, le tout divisé par 100 (base kilométrique des 6.5 litres) et j’obtiens donc : 2.19 Euros contre 2.40 Euros minimum si je suis à l’arrêt…. Hum… Enigmatique Economie non ?

L’augmentation de la T.I.P.P. afin d’augmenter le prix du carburant n’est pas la bonne solution parce qu’elle pousserait aux mouvements sociaux par le simple fait que cela réduirait encore un peu plus le pouvoir d’achat… Et… Baisser les tarifications du stationnement n’est possible que si l’Etat injecte de l’argent dans ces sociétés qui détiennent le marché… Sinon, bah… Que voulez-vous : Les investisseurs s’en iront et des chômeurs apparaîtront… Et cette dernière donnée est celle qui a généralement le plus gros poids dans la balance puisque bien souvent c’est tout ce que l’on retient de la politique : le nombre de chômeurs… Oups… encore une fois, je sens que notre modèle économique est vraiment en fin de vie… Il serait temps que certaines choses changent…

 

Autre sujet enfin…. Les emballages… Quelqu’un peut-il me dire pourquoi lorsque j’achète quelque chose j’en obtiens toujours plus en emballage qu’en produit ??? C’est dingue ça quand même !

Pour une tranche de jambon : 2 couches de plastiques dont l’une entièrement couverte d’encre non moins polluante tout ça pour un nom de produit et une image qui attire l’œil…. Pfff…. Par contre, pas beaucoup d’informations claires concernant l’origine du jambon et encore moins sur l’origine de l’emballage… parfois on me dit où le produit a été emballé mais rarement qui a fabriqué l’emballage ni avec quoi…

 

Franchement, l’Ecologie… Ce que j’en pense ? C’est un truc que l’on doit avoir en soi… ça ne nécessite pas de parti politique attendu que n’importe quelle personne de gauche, droite ou centre doit être concernée…. Mais ça nécessite beaucoup plus de franchise de la part de tous et surtout une part majeur d’investissement de l’Etat et pas uniquement dans des bus qui roulent au colza !

 

Je voudrais faire une dernière remarque : je travaille dans le B.T.P…. Lors d’Etudes de Projets immobiliers ou autre, on nous montre toujours des plans d’architectes comportant la forme de l’ouvrage, sa capacité à contenir, les aménagements possibles… Mais bien trop rarement sur ces dessins, ces schémas, ces croquis je ne vois de verdure et quelque part, ça me désole puisque moi-même je me dis à regrets que le béton n’empêche aucunement les espaces verts… Malheureusement, je n’ai et n’aurai jamais assez de diplômes afin d’espérer être pris au sérieux…

 

Chaque Président nous a laissé une trace monumentale et pas forcément belle de son passage : Le Centre Georges Pompidou, la B.N.F. ou le Musée des Arts Primitifs du Quai Branly….

 

Ce que je trouverai beau et beaucoup plus sincère vis-à-vis du peuple… Ce serait qu’un prochain Président de la République soit inscrit dans la mémoire collective comme le réalisateur d’une sorte d’Ecologie Nationale… Pas seulement un bâtiment pourvu des dernières innovations « Techno-Ecologiques »… Non… pas seulement un bâtiment mais le Territoire Français en entier… et qu’il nous ai fait entrer dans une véritable Nouvelle Ere plus… Humaine ? tout simplement…

 

 

 

(pleasure95... pensées écoloconomiques... 04 Janvier 2008)

January 01

Une nuit où vous auriez peut-être eu peur...

 

Marre de Paris, de sa pollution, de sa population… Devant cette lassitude, on me propose de partir en week-end dans l’Est de la France… Génial ! De la verdure ! De l’air ! De la fraîcheur ! Et moins de monde ! La tranquillité salvatrice lorsqu’on éprouve un sentiment d’étouffement quotidien…

 

Nous partons en voiture. Il est vrai que ma voiture est mon outil de travail et que certains jours sur « Panam » c’est difficile… Mais là, prendre la route, garder une allure constante sans tous ces « pourrisseurs de bien-être » qui raillent, klaxonnent, lèvent le poing ou appuient débilement sur l’accélérateur en signe de victoire sur la machine…. Bref… là, c’est le pur plaisir pour moi…

 

Après 3 heures de route nous arrivons…

 

Et le lieu, un vieux corps de ferme, me rappelle simplement que je ne suis pas grand-chose sur l’aiguille du temps… qu’avant moi il y a eu, et qu’après, il y aura…

J’arrive devant l’entrée de la demeure principale et au-dessus de la porte un « 1844 » trône et m’envoie tout droit dans le passé…

 Bâtisse1Entrée

Je me prosterne devant cette porte que des dizaines de personnes ont ouverte ou fermée… Je vois encore leur main dessus…

Et j’entre… Mes pas dans cette première pièce tenant lieu de cuisine résonnent et j’entends les sabots des propriétaires de l’époque résonner aussi… Je revois le feu allumé dans la cheminée ainsi qu’une vieille dame assise devant le foyer, une couverture sur les jambes… C’est l’hiver et il fait froid, très froid… Dehors, pas une âme hormis les vaches et les chevaux… Nous sommes en 1869 et on le sait d’avance, les prussiens viendront chez nous bientôt… Il ne peut en être autrement…

 

Virginie sent bien que je suis « bizarre » et me sort de ma rêverie… Me revoici en 2007…

Mais l’endroit est trop chargé des émotions du passé et je ne peux réellement me détacher des images d’il y a quelques instants…. Je pars faire un tour de la maison…

Dans une pièce très peu éclairée, je tombe sur un siège d’enfant… Une poupée a été placée dedans… sorte de disposition d’un petit corps dans l’éternité du temps qui passe inexorablement…

Poupée

 

 

j’avance encore et le plancher craque un peu sous mes pas… je m’attends un peu à me retrouver au sous-sol sans passer par la case escalier…

Dans une autre pièce, une grande table ovale entourée d’une dizaine de chaises m’invoque de grandes réunions de famille d’alors…

 

J’écoute les murs me dire :

Pièce2TableOvalePièce3

 

Le poids des souvenirs est trop fort… Faut que je sorte prendre l’air, dans la cour…

Devant moi, d’autres bâtisses me regardent et n’attendent plus qu’une seule chose : que je viennent les voir avec mes yeux d’inconnu… que j’apprenne leur histoire, que je leur parle et les écoute me dire les maux et les biens du passé…

 

Et je les écoute :

 Bâtisse2Bâtisse3

 

 

 

Je vois les trâces du passé de l'homme qui font désormais corps avec elles:

 VieilleCheminéeVieilleChose1VieilleChose3VieilleChose2VieilleChose4

 

 

Après une bonne heure de découverte, je rentre à nouveau dans la première maison et monte au premier étage, là où je suis supposé dormir la nuit prochaine…

Et là, en entrant dans ladite pièce, je ferme les yeux et sens la vieille odeur de bois mêlée à l’humidité… je pose mes affaires et redescends au Rez-de-chaussée pour le dîner et la soirée…

Bien sûr, comme dans toute famille, il y a de nombreuses histoires qui ressurgissent dans ce genre de rendez-vous… Celui qui a fait ça, l’autre qui était comme ça… Photos à l’appui…

Et c’est aussi une façon de rendre hommage à la maison : tout ce qu’elle a vu, vécu, subit…

Et elle est toujours là, et peut-être sera-t-elle encore au rendez-vous de ceux qui demain parleront de nous… Nous ne sommes rien sur l’échelle du temps… Mais, les histoires et les photos restent…

 

Et je vois parfois de qui on me parle :

 DeQuiOnParle

 

Vers minuit, il fut décidé qu’il était temps de dormir… et nous montons…

Et je m’endors, pensant très fort à ces murs qui soutiennent ce toit qui me protège du froid…

 

Soudain, je me réveille vers 3h30… j’ai chaud alors que l’air de la pièce est gelé… J’ai le sentiment étrange d’être surveillé, épié mais sans que cela soit malsain… Non, c’est plutôt une idée de protection paternelle qui survient en moi…

 

Je prends ma lampe torche qui me permet généralement de lire la nuit…

J’avais raison, il fait froid… Ma respiration n’est que vapeur dans le faisceau de la lampe…

Pourtant j’ai chaud…

 

Un petit « clapotis » se fait entendre sur ma droite et j’ai peine à diriger la lampe en sa direction : sorte de peur enfantine que l’on a en ce cas assez étrange d’être en un lieu au demeurant inconnu, que l’on sait vieux et chargé d’histoires… Je me décide enfin et dirige le faisceau au pied du mur à droite… Des gouttes d’eau coulent doucement… je suis la coulée et regarde au plafond : rien… Mais… une chose… magnifique… terrible… belle… folle… se montre à moi : Une tache de moisissure que je n’avais pas remarquée jusqu’alors et au milieu de laquelle se dessine un visage…

 

VisageMur1Copie de VisageMur1 

VisageMur2Copie de VisageMur2

 

Et j’ai parlé à ce visage pendant 30 minutes…

Et le mur me répondait : 2 coups pour oui, un seul pour non…

Et j’ai donc dialogué avec ce mur, cette maison, cette âme…

Elle m’a dit être bien souvent trop seule, qu’elle manquait de joie… d’enfant…

Que la « pièce des morts », celle-là même où on veillait un corps dans le passé en mettant une bougie sur le front du défunt, n’avait plus vu grand monde depuis bien longtemps aussi….

Et je me souviens…

Cette maison, ce mur, ce visage… m’a fait couler quelques larmes avant que je ne me rendorme…

 

Bref… J’eu la conviction, ce jour là, que l’Homme était bien peu de chose en sa vie sur Terre et tout ceci me ramena sur mon idée qu’il y avait forcément un « après », que ce que nous faisons maintenant sera su un jour ou l’autre par les générations futures…

 

Et que parfois, même dans l’inattendu, un « gardien » était là pour notre pérennité….

 

 

 

 

 

(pleasure95... Réalité aux portes de l'étrange... 1er Janvier 2008)

December 26

Thé à la menthe ou café corsé ? (interdit aux -de 18 ans)

Pour commencer... un thé à la menthe…

 

A chaque gorgée, je me brûle mais c’est avec grande surprise que son goût me laisse une amertume sur le bout des lèvres… une fraîcheur inattendue…

Là, ça y est, je pars : je vois tes mains préparer la menthe fraîche d’un geste plutôt rapide, voire machinale, mais néanmoins tenant du respect pour le breuvage qui en découlera…

Puis, tu y adjoins un peu de sucre pour lui donner ce petit goût acidulé et renforcer la menthe… Enfin, vient l’eau très chaude, très vaporeuse pour la légèreté…

 

Dans la théière, c’est une alchimie particulière qui est créée, par le simple mélange des ingrédients… Puis, telle une procession, tu verses un peu de thé dans un verre que tu vides

aussitôt dans la théière… sorte de retour aux sources pour le premier jus… un sentiment d’érotisme me transporte par le simple fait de ce va-et-vient d’un demi verre de thé…

Puis tu attends quelques secondes, histoire que « ça prenne bien »… puis tu verses le jus finale, prêt à être dégusté…

 

Et je déguste… doucement… je prends une petite gorgée de ce liquide et je me retrouve loin… très loin… Au soleil… Là où le temps ne s’écoule pas de la même façon, là où on peut essayer mais en vain de façonner les dunes de sable fin… Là où les palmiers sont les seuls à oser défier le ciel…

 

Alors je ferme les yeux et respire les vapeurs mentholées du verre que je porte à ma bouche…

Je ne te vois pas mais je t’imagine allongée devant moi au pied d’un palmier à l’ombre si douce, si fraîche… je me transforme en cette vapeur aux accents de menthe et désire que mon souffle parcourt tes dunes, non pas pour les façonner mais pour les faire frissonner de plaisir, de douceur, d’érotisme… mais… ne pouvant me transformer, ne me reste que les mains et la bouche pour te caresser jusqu’à ce que tu souffles de plaisir….

 

Boire délicatement à ta source, tel le chat qui lape sont lait… où tout simplement comme je bois doucement ce thé… juste plonger le bout de ma langue avant d’humidifier totalement mes lèvres… me relever et avoir ce sentiment de fraîcheur qui suit la brûlure légère et superficielle… avant de replonger dans ce liquide dont l’essence prend naissance dans l’émotion et le désir… Dont l’alchimie tient à l’évacuation du trop-plein d’envie…

Tu ne dis rien… tes yeux bleus entourés de crayon noir parlent pour toi… tout comme ta bouche aux lèvres fines assaillies par tes dents qui viennent les mordiller pour t’empêcher de crier… J’aime voir ce que tu fais… Tes mains s’ennuies et je sens tes doigts aux ongles rongés se rapprocher afin de s’insérer dans ce dialogue que tiennent tes quatre lèvres et ma bouche… et là, je comprends... tout s’éclaire… Je sais pourquoi tu me disais que tu « avais toujours ce qu’il fallait sous la main pour occuper certaines soirées des plus moroses… »… Intérieurement je ris et cette complicité entre nous dans le signifié, le voulu, le désiré me fait plaisir…

Et puisque tes mains entrent en jeu… Il va de soi que les miennes ne restent pas inactives et caressent tes dunes afin de les émouvoir aussi…

 

Je pars loin… très loin…

 

Pendant ce temps… mon verre se vide…

Arrivé à la dernière gorgée… Un sentiment d’inachevé me prend le corps et l’esprit…

Quelque peu frustré de ne plus avoir d’essence à mettre dans ma rêverie je te demande combien il m’en coûte…

 

Je te tends la somme puis te dis:

 « merci, au revoir »…

 

Tu me réponds :

« De rien monsieur, revenez quand vous voulez, j’adore votre façon de siroter votre thé… »

 

Tu me fais un large sourire, ne laissant apparaître que le bout de ta langue que tu passes délicatement sur tes lèvres…

 

Je réponds à ton sourire et te demande :

« C’est-à-dire ? »

 

Et toi :

« Que j’ai hâte de voir ce que cela peut donner avec un café corsé… »

 

C’est vrai… tu as raison… La douceur des caresses n’est parfois remarquée qu’à la condition d’être alternée avec la force de mouvements passionnés et plus… rudes... plus... profonds...

Je te regarde vraiment cette fois… J’aime les formes que te donne ce pantalon noir léger ainsi que ton pull gris…

 

Et je te souris :

« Je pense en effet que demain je serais très désireux de boire un café… très… corsé… »

 

La porte se ferme derrière moi…

 

Il fait froid dehors…

 

 

 

 

(Pleasure95... Désir buccale furtif... 26 Décembre 2007)

December 22

L'Homme vu par la Femme...

   10 ans,
Du haut de tes 140 centimètres,
En explorateur tu te vois,
En pompier tu te rêves,

20 ans,
T’appuyant sur ta canne,
De la Lune tu montres l’envie,
Avec tes amies tu te consoles,
Passant de l’Astre à l’acte...

30 ans,
Contre toute attente, tu te réveilles toujours en retard...
Te voulant si fort par nature, en Don Juan musclé,
Etant si rapidement mou réellement, sauf volant en mains...
Et, toujours, tu réapparais après ton sport, ta bière et tes potes...

40 ans,
De ton doigt tu montres :
De la cuisine livrée en kit tu est fier...
Du tournevis planté dans la main tu fulmines
De ton regard, tu me rappelles que « c’était pour moi »...

50 ans,
De ta forme, ne reste en mémoire que le nom...
Les douces impressions que tu avais bien voulu m’inventer.
Ces moments-là où dans tes pensées l’avenir était notre enfant.
Et dans lesquels n’apparaissait officiellement que mon corps...

60 ans,
Inconsolable enfant tu es resté...
Tu souris encore aux lunes qui passent...
De tes 20 ans tu rêves encore...

70 ans,
Dans tes yeux, des souvenirs de lunaisons passées...
Sur tes lèvres, le passé douteux des baisers...
Sur ton visage, les traits du sage pourtant...

80 ans,
Du haut de tes 140 centimètres,
T’appuyant sur ta canne,
Contre toute attente, tu te réveilles toujours en retard...
De ton doigt tu montres :
De ta forme, ne reste en mémoire que le nom...
Inconsolable enfant tu es resté...
Dans tes yeux, des souvenirs de lunaisons passées...

 

 

  (pleasure95 en mode Flashback: texte en date du 05 Mai 2005...)

La Femme vue par l'Homme...

10 ans,
Du haut de tes 140 centimètres,
Le soleil et la vie tu découvres,
En toi, un monde s’éveille,

20 ans,
En peu de mots :
Un désir du corps,
Un plaisir des yeux,
Un envie du cœur...

30 ans,
Semblant si fragile par nature,
Etant si forte réellement,
Contre toute attente, tu te relèves toujours, même fébrilement...
Et, toujours, tu es là... Tel un garde-fou pour l’humanité...

40 ans,
De ton doigt tu m’accuses...
De ta cuisine tu m’assures...
De ton regard, tu me foudroies...
De tes conseils tu me garantis !

50 ans,
De tes formes, ne reste en mémoire que valons et collines,
Les douces impressions et « moments magiques » que tu as bien voulu me concéder.
Ces moments-là où dans tes yeux le temps s’arrêtait
Et dans lesquels n’apparaissait que mon visage...

60 ans,
Le poids de ton regard me suffit,
Lasse, tu es devenue
De tes 20 ans tu te souviens...

70 ans,
Fatiguée tu ne dis mot,
Sur ton visage, les sillons de l’age,
Dans tes yeux, l’humidité des peines,
Sur tes lèvres, les doutes du passé...

80 ans,
Du haut de tes 140 centimètres,
En peu de mots :
Semblant si fragile par nature,
De ton doigt tu m’accuses...
De tes formes ne reste en mémoire que valons et collines,
Le poids de ton regard me suffit,
Fatiguée tu ne dis mot...

 

 

(pleasure95 en mode Flashback: texte datant du 30 Avril 2005...)

Femmes...

 

J’ai décidé de prendre du temps…

Respirer, prendre l’air…

Je me suis donc attablé en terrasse d’un café de la Rue de Seine à Paris

Rue semi piétonne au cœur du quartier de Saint Germain.

 

Je passe ma commande, mets mes oreillettes et écoute E.Daho…

 

                Paris, Le Flore

 

                Après-midi, Paris c'est fun, en terrasse, attablé
                Regards lourds de sens et connivence pour qui cherche une main
                Je n'attends vraiment rien, je viens pour y lire des bouquins
                Artaud, Miller puis faut qu'j'aille
                Traîner sans raison

                De pleurs en frimes, Paris déprime, Saint-Germain s'illumine
                Se fondre à la foule, dans la ville aux rencontres faciles
                Je n'fais guère attention, les dessins qu'j'ai dans ces cartons
                Sont mon unique passion
                L'art est ma raison

                {chorus:}
                Si jamais d'aventure, je recherche l'aventure
                Café Paris, le Flore, où tu me dis "je t'adore"

                Après minuit, Paris c'est fun, attablé, détaché
                Regards lourds de sens et connivence pour qui cherche une main
                Je n'attends vraiment rien, je viens pour y lire des bouquins
                Artaud, Miller puis faut qu'j'aille
                Traîner sans raison

Et là, je suis bien… Un chocolat chaud contre le froid…

Devant moi tous ces gens qui marche vers leur destin. Chacun à son rythme.

Des gens se croisent… d’autre ne se remarquent même pas…

Et moi, je suis là, à regarder cette foule…

Les hommes sont quelconques à mes yeux et je ne les vois même pas…

Les femmes quant à elles, m’insufflent de la joie, du désir, de l’impatiente même…

Toutes de style et de genre différents, éveillent en moi de nombreuses sensations…

 

Celles dont je cherche à lire les pensées sur le visage…

Celles dont j’espère que le regard se dirigera vers moi et s’arrêtera quelques secondes…

Je les regarde mais ne cherche pas à jouer les picadors, non, je les regarde vivre tout simplement…

Je ne cherches pas à paraître voyeur ou fouineur… Non, juste voir ce qu’elles montrent :

Tantôt sûres d’elles, tantôt fragiles, parfois souriantes…

Bien sûr, je ne m’arrête pas qu’aux visages… Non, je scrute les mains….Ces mains tellement évocatrices des pensées, des besoins, des douceurs et douleurs… Des peurs aussi lorsque frénétiquement ces dames serrent leurs sac à main contre elle par peur du pickpocket…

 

Je suis bien… Pas grand-chose à faire à cette terrasse mais le temps passe si vite devant tant de beautés inavouées…

 

Femmes, je vous aime de par votre facilité à combattre chaque jour durant les regards des inconnus dont les yeux ne sont qu’invitations à vous « lâcher » avec eux… Ne serait-ce que pour l’heure qui vient... Beaucoup d’hommes vous toisent et n’ont qu’en unique pensée l’amusement et les désirs qu’ils tirent à vous imaginer nues et lascives entre leur bras…

 

Certes, je ne suis qu’un homme et je ne vous le concède volontiers: il m’arrive parfois ces pensées que je dépeins plus haut… C’est normal, j’aime l’Art en général et les mouvements de vos corps sont parfois si parfait… si voluptueux… si nuageux… Qu’il m’arrive aussi des débordements hormonaux… La monotonie est dans la platitude… et vous avez des formes… Essayez de me comprendre…

 

Mais ce que je cherche avant tout en vous regardant, c’est une masse de sentiments et d’émotions diverses telles que la fragilité, la douceur, la tendresse, la larme, le sourire, le bien-être, l’envie de plaire dont vous pouvez faire preuve par vos habits, vos maquillages, vos coiffures… Bref, tout ce qui fait de vous la joie des yeux…

 

Lorsque je vous regarde je finis souvent par être abattu par le sentiment de méconnaissance de l’homme en général à votre sujet et je ne comprends décidément pas les hommes violents auxquels vous êtes parfois confrontés ou les différences de salaires Homme-Femme alors que les compétences sont reconnues égales…

 

Bref, je suis charmé par vous…. Et tellement désarmé face à l’injustice quotidienne malgré laquelle vous avancer plus vite que l’homme…

 

Femmes, je vous aime…

Vous êtes la plus belle création des Dieux…

Merci à vous d’accepter de nous donner la vie dans la douleur…

 

Femmes, je vous aime…

Tout simplement...

 

 

Ci-dessous, une ode visuelle à la Femme...

 

 

  BénédicteCaroleCeyChahrazedJoanaMouniaNanieSabrinaPhoto 075Virginie 

 

 

 

Tant d'émotions et de signifiants... dans un simple regard, un sourire ou un geste... même des plus usuels… 

 

 

(pleasure95... si j'étais une femme, certain que je serais lesbienne!... 22 Décembre 2007)

 

December 16

Le monde dont je n'ai de cesse de rêver...

 

 

Les plaies du passé ont eu du mal à se refermer… Mais n'est-il vraiment pas du ressort de la volonté de l'Homme de pardonner?... Enfin, depuis peu, tous les gouvernements ont enfin compris que raviver les combats d’hier ne permettrait jamais de voir le futur plus sereinement… Aussi, alors qu’en 2006 il n’y en avait que 192, aujourd’hui, en 2019, les 198 pays du monde se sont accordés au sein de l’O.N.U. à promouvoir la paix des peuples et ce, quel que soient leurs croyances, leurs cultures et leurs sols… Ainsi, nous sommes plusieurs milliards d’âmes à vraiment avancer ensembles…

 

Les pays dits « développés » ont compris qu’ils ne doivent leur « méprisante supériorité » qu’au modèle capitaliste rendant, par définition, économiquement faibles les pays dits « sous-développés »… Pour preuve, au début de ce 21ème siècle, nous n’avons cessé de parler de commerce équitable… Chose nouvelle qui démontre donc qu’auparavant il ne l’était pas…

Aujourd’hui, donc, tous les appartements « Nations » ont la même « côte part » dans cette grande maison « Terre » et tout est fait pour que plus aucun enfant ne meurent prématurément de faim… le fait que des peuples meurent de faim est devenu le premier alinéa de la charte définissant le « crime contre l’humanité »….

 

Les échanges entre les peuples ne sont pas seulement économiques mais culturels…

Nous savons que l’être humain en générale n’a peur que de ce qu’il ne connaît pas et nous avons changé les valeur des échanges en y adjoignant une grosse part de culture… Ainsi, l’évolution de l’Homme ne passe plus uniquement par l’augmentation de ses biens mais par l’apprentissage des autres cultures… De fait, sur les bancs des écoles de tout pays, sont assis des enfants issus de toute culture, tradition…

 

Les grands consortiums économiques dont la fortune provient de l’exploitation du pétrole ont modifiés leurs champs de recherche et de savoir, ne se bornant plus à la seule énergie fossile mais ont décidé de transférer une énormes partie de leurs bénéfices dans la recherche et le développement d’énergies nouvelles…Ce sont là les précurseurs d’un monde nouveau dans lequel on ne conçoit plus le bien-être humain sans écologie afin de protéger le biotope de l’humanité : la Terre… Le « tout pétrole » disparaît peu à peu… Un monde meilleur est envisageable… Enfin… Les pays proches de l’équateur ont reçus des fonds afin de développer l’énergie solaire et devenir ainsi les producteurs mondiaux d’électricité…

 

Je suis actuellement dans les Alpes. Assis sur cette terrasse du chalet loué à l’occasion de mes vacances. La neige est là. La nuit tombe et j’appuis sur un bouton : une lumière vient éclairer la terrasse grâce à l’électricité produite à des milliers de kilomètres plus au sud… La radio entame un air fredonné en Amérique du sud… Mon ordinateur portable me permet au moyen d’Internet de discuter avec un jeune du Libéria : Makbo. Je suis bien : mon thé Japonais me réchauffe… Avec Makbo nous discutons d’I.S.S. 2, le prolongement de la Station Spatiale Internationale. J’ai bientôt 47 ans et apprends beaucoup de ce jeune homme très calé en Aérospatiale… Nous tombons d’accord sur un point : l’évolution de l’Homme ne peut passer que par un grand projet tel que l’exploration de l’Espace… Notre discussion est interrompue par Muhamat le syrien qui nous montre des images de sa soirée avec John l’américain, Naël l’israëlien et Youri le russe… Sonia, La femme de Muhamat a donné naissance à un très beau Mustafa la veille… Très sympathique soirée, Makbo et moi-même rions des images qui nous sont montrées. Après quelques minutes, je prends congé de tous afin d’aller me coucher…

C’est pratique Internet et son système de Vidéo : Si je ne peux me déplacer, je peux au moins prendre des nouvelles du monde entier et en définitive je me sens un peu partout comme chez moi : quelque soit l’origine culturel de chacun, on m’accueille avec bienveillance… et partout je suis invité… parce qu’en tout lieu je respecterai la vie, l’amour et la culture…

 

Ce qu’il y a de formidable dans cette nouvelle ère, c’est que chacun a décidé de se démarquer par rapport aux dissensions des générations passées… pour ne plus perdre de temps… la vie est vraiment trop courte…

 

Je m’endors…. Serein…

 

Tiens, demain, faudra que j’invite Kaïsha et son mari à venir me voir… En partant de Séoul demain, ils pourraient être là dans 2 jours…

 

Ce serait pas mal…

 

Ingénieux système que ce «traducteur universel » qui nous a permis, à tous sans exception, de dépasser les incompréhensions de la langue… je pense que cela a grandement permis à l’Humanité de faire un premier pas vers le véritable échange… Tous les dialectes parlés en ce monde sont répertoriés dans cette petite boite qui nous traduit instantanément les propos d’autrui dans une petite oreillette reliée par le « Bluetooth++ »…

 

Ça, c’est vraiment l’image de l’Evolution Technologique Utile que tout le monde attendait…

 

 

Ce serait vraiment pas mal...

 

 

(Pleasure95... Avouons que c'est une approche d'un "Monde Meilleur"... 16 Décembre 2007)

December 12

Nous sommes pourtant désolés...

En cette aube du 21ème siècle, 

Par cette forêt comportant 6 Milliards d’âmes,

Rien jusqu’ici, il nous semble, ne nous aura été épargné…

Mais nous n’avons pas réellement su en tirer d'enseignements…

Visiblement, tout tourne tant bien que mal….

Malgré l’hiver cérébral dans lequel nous puisons notre occultisme…

Bien sûr, nous faisons mine d’avancer dans ce flou démocratique…

Et nous commençons seulement, parfois, à vous envisager...

Evolution dans laquelle la victoire appartient au fiduciaire et l’impalpable…

Espèce humaine par laquelle la masse l’emporte au détriment de l’individu…

Temps à l’horloge trop fuyante pour vraiment amorcer un changement…

Topographie des lieux qui s’éloigne de l’agraire, du naturel…

Flore trop douce pour nos pieds et nos mains…

Faune sauvage trop docile pour nos idées et nos armes…

Nos esprits n’ont pas de frontières pour l’horreur…

Nos besoins nous ramènent de plus en plus à l’homicide…

Nous craignons ce que nous appelons O.G.M….

Alors que nous sommes depuis la nuit des temps des Organismes Génétiquement Modifiables et Modifiés !

Nos religions tournent au fanatisme…

Nous n’échangeons que contre acquisitions…

 

Nous sommes pourtant désolés…

Mais nous ne savons franchement pas ce que nous allons vous léguer…

 

Bien à vous, les générations futures,

 

10122007(001)10122007(002)10122007(003)

 

Vous priant de ne pas trop nous en vouloir…

 

(pleasure95... Rapide constat...12 décembre 2007)

 

December 08

La légende des Korrigans...

Il y a fort longtemps….

 

La forêt était énorme et recouvrait ce qu'aujourd’hui nous appelons la Bretagne. L’homme n’avait pas encore tout rasé mais devant ce risque et la gêne que la présence humaine pouvait représenter, il fut décidé de maintenir en Brocéliande une sorte d’armée invisible...

 

Ainsi, sous chaque arbre, un Korrigan se cachait : Lutin velu au cri perçant et aux ailes de chauve-souris… le rôle principale de ces êtres étaient, le jour, de dormir dans la terre, entre les racines, et de faire peur aux humains chaque fois qu’un tremblement de racine démontrait une atteinte à l’intégrité de l’arbre lui-même… La nuit, ils sortaient de terre et mangeaient quelques feuilles… Seuls les druides, dont les meilleurs breuvages étaient issus de la nature et des baies qu’elle offrait, avaient donc le droit de retirer un peu de vie aux arbres… En échange de quoi, ils se devaient de rendre à la nature un peu de leur différentes potions de vie en les déversant par milliers d’hectolitres au pied des arbres… Ainsi, les Korrigans étaient nourris par ces mixtures et devinrent immortels…

 

Les siècles passèrent et l’équilibre était perpétuellement maintenu en ce sens qu’en cas de non respect de cet accord (droit d’utilisation pour les Druides contre nourriture), les Korrigans pourraient devenir plus dangereux, non seulement pour les Druides mais aussi pour l’espèce humaine toute entière, sans distinction aucune… Peut-être même se permettraient-ils d’entrer dans les villes la nuit afin de perpétrer leur crime…

 

Puis… le temps faisant passer les accords tacites pour vieilles rengaines, un jeune druide décida de profiter de la fête annuelle dédiée aux vertus de la forêt pour s’installer en son cœur même dans une grotte naturelle et de vivre en ermite… Chose qu’aucun autre n’avait essayer auparavant par peur de représailles de la part des lutins… Ainsi, le soir du jour dit, avant la nuit tombée, alors qu’appartenant à la procession qui devait nourrir les arbres avec les fûts de potion, il profita d’une danse pour se faufiler et disparaître.

 

Personne n’entendit plus parler de lui pendant 6 mois jusqu’au jour où son corps fût découvert, à l’entrée du village… on l’avait mutilé : les orbites ne contenaient plus les yeux.

Pour la communauté, il fut impossible d’excuser ce geste… on décida donc d’une vengeance mais le but n’était pas de « marquer le coup » mais purement et simplement d’éradiquer l’espèce Korrigane…

 

Pour se faire, on inventa une ultime potion que l’on appela « Ker-Otzen »  et qui avait la particularité d’être hautement inflammable. Puis on fit venir un mage d’une péninsule Méditerranéenne afin qu’il fasse intervenir l’une des trois gorgones dont on avait appris l’existence… On su d’ailleurs à son arrivée qu’elles n’étaient plus que 2 en ce monde puisque  Persée avait tuée depuis peu Méduse, la seule des trois à ne pas être immortelle et qui avait causé la colère d’Athéna en s’unissant à Poséidon dans le temple même d’Athéna…

 

Le mage était donc accompagné d’Euryale la gorgone… Sa chevelure composée de serpent impressionna énormément l’assemblée des druides qui n’avaient jamais vu ça ni en leur territoire ni ailleurs… On avait bandés ses yeux afin qu’elle ne pétrifie personne en l’état de pierre…

 

Puis, on passa à la mise au point de la vengeance et le jour dit, alors que le soleil était couché depuis quelques minutes mais avant que les Korrigans ne sortent de leurs racines, on usa du Ker-Otzen pour mettre le feu aux racines des arbres de la forêt toute entière et ne laisser qu’une sorte de couloir de sortie afin de refouler les lutins vers une seule et unique direction…

 

Le résultat fut celui escompté : certains Korrigans périrent par le feu mais bon nombre d'entre eux n’eurent que le choix de se diriger vers l’Ouest…Sans toutefois pouvoir voler puisque leur ailes avaient été collées à leur dos par la chaleur du brasier…. Ils courraient afin de fuirent les flammes… Ils criaient leur douleur… Et, alors même qu’ils apercevaient le reflet de la Lune sur la mer et qu’ainsi ils se crurent sauvés, une ombre se leva sur la plaine devant eux… Ce qui eut pour effet de les stopper net.

 

Le mage retira le bandage des yeux de la créature….

 

Aucun lutin ne parvint à toucher la mer…

 

Tous furent ainsi pétrifiés sur cette plaine et transformés en roches… De taille beaucoup plus volumineuse que leur taille initiale afin que dans le futur ils puissent être vus et reconnus de tous. En effet, n’avaient-ils pas retiré les yeux d’un jeune homme pour qu’il ne puisse jamais plus poser un regard sur eux ?

 

Aujourd’hui, nous ne les appelons plus Korrigans mais Menhir…

 

Cela s’est passé il y a fort longtemps sur les plaines de Carnac…

 

Et, vous les avez peut-être vus, voire…  touchés…

 

  Gorgone Meduse par Le CarvaggioAlignements de Menhirs à CarnacGorgone Méduse d'après le dessinateur CAZA

 

 

(pleasure95… oups….je suis parti très loin là encore…)

 
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